Quand Memphis rencontre Norma Jean, c’est le coup de foudre. Un regard, une chanson, trois p’tites notes et puis s’en va, l’amour est là. Normal puisque les deux tourtereaux sont des manchots empereurs et que c’est comme ça que ça roule chez ses zoiseaux-là : une chanson d’amour et c’est pour la vie.
De leur amour givré va naître Mumble, un bout’chou de mini pingouin bien sous tous rapports… si ce n’est que – suite à un petit incident d’œuf – le petiot ne sait pas chanter. Si chez nous l’adage « pas de bras, pas de chocolat » est bien connu, chez les manchots c’est plutôt du genre « pas de chanson, pas de compagnon pour la vie ». Oui, c’est rude. Papa et maman se font du mouron, mais heureusement Mumble a un don : il danse comme un dieu. Heureusement ?
Ce n’est un scoop pour personne, Noël approche. Merci bien madame. On voit donc débarquer sur nos écrans (petits et grands) une nuée de films dits « familiaux » : documentaires, gentilles fictions et (surtout) armada de films d’animations. Voici donc le nouveau challenger :
Happy Feet.
On vous arrête tout de suite : Oui,
George Miller est le réalisateur des
Mad Max et il n’a rien tourné depuis 1998 et…
Babe, Le Cochon Dans La Ville. Et oui,
Happy Feet ressemble énoooormément à
La Marche De L’empereur. Drôle de hasard ? Au contraire, n’y voyez là aucun opportunisme de la part de Miller puisque son projet est antérieur à celui de Jacquet (quand on connaît les délais de préparation d’un film d’animation, on n’ose pas trop chipoter sur l’info). Quoi qu’il en soit, avouons tout de même qu’avec un CV pareil (plus un timing hivernal au poil),
Happy Feet pourrait effrayer les plus de 8 ans.
Oubliez tout ça et tentez quand même l’expérience, vous risqueriez d’être agréablement surpris. Dès les trois premières mesures… euh images, le ton est donné : Voilà un film musical qui a du chien ! Visiblement décomplexé, Miller a vu les choses en grand et on l’en remercie. Plus proche de Broadway que d’Holiday On Ice, le réalisateur offre une partition audacieuse, racée et drôle. Rien que ça ! Visuellement très beau et techniquement abouti,
Happy Feet est loin d’être déplaisant.
Musicalement, (merci, merci !) on évite le score choucroute/guimauve habituel et on se retrouve balancé sur un dance floor givré endiablé et de qualité, servi par un casting voix en or massif (incroyables
Hugh Jackman et
Brittany Murphy).
Si les thèmes abordés sont sommes toutes assez convenus – amitié, tolérance, écologie – Miller sait se risquer sur des sentiers peu battus. On saluera ainsi certaines audaces de la part du réalisateur australien, tant d’un point de vue thématique (une scène glaçante au zoo, un gourou manchot très « sensuel ») que visuel (un pingouin se prend la caméra)… tout en regrettant qu’elle ne soient pas plus abouties.
Qu’importe, c’est déjà du bon, du très bon…
Eléonore Guerra