L'arrivée du soleil et du farniente sur la plage entraîne toujours le même genre de schéma dans les salles obscures. Une sorte de tradition, pourrait-on dire… Blockbusters américains (I, ROBOT), films français légers (NOS AMIS LES FLICS), et, bien entendu, films d'horreur où de beaux et jeunes éphèbes se font trucider à coup de manchette, de hache et autres outils de jardin. Ici, une fois n'est pas coutume, l'arme de destruction massive est… une voiture. On aura tout tenté. Ça commence comme une pub pour la sécurité routière contre les excès de vitesse ou l'alcool au volant, avec le fauchage d'une belle dulcinée sous les yeux de son Jules. Un mari trop vite veuf qui ne va pas lâcher le morceau et traquer le psychopathe à travers les Etats-Unis. Une course poursuite sans fin pour ces deux chauffards qui roulent un peu trop vite et trop furieusement au volant de leur voiture de sport 1970. Jusqu'à ce que le mari vengeur croise sur sa route la belle Molly, seule survivante du maniaque et portait craché de la mariée écrasée…
On pense d'abord à DUELS, avec ce tueur fou sans visage qui tue par hasard et sans raison. Mais ce Fargo tient plus de ses frères de sang Jason, Freddy ou Michael Myers, que du chauffard de Spielberg… Indestructible, gavé par une vie à vendre des assurances auto, il écrase et ratatine les jolies filles, en passant ensuite la marche arrière pour être bien sûr qu'elles ne bougent plus. Fourmillant d'erreurs et de personnages inutiles (le chef de police ou le faux petit ami pot de colle), le scénario tient avec deux rustines et trois écrous rouillés. A grand renfort de vrombissements, tôles froissées et cervelles ratatinées, ce K2000 des temps modernes, prévisible à souhait, sombre bien vite dans les méandres des clichés du genre. A défaut d'un sursaut d'angoisse, on pourra toujours se contenter d'admirer la carrosserie des voitures de collection, et celle (splendide) de
Rhona Mitra, ancien modèle Lara Croft pour Eidos Interactive. Et pour nous autres demoiselles, il reste les beaux yeux du récemment crucifié
Jim Caviezel (LA PASSION DU CHRIST). Un road movie qui s'apparente très vite à une grosse mascarade. Mais où est donc la borne d'arrêt d'urgence ?
Aurélie Maulard