Après un premier film applaudi par la critique et le public, se lancer dans un deuxième long-métrage est toujours une aventure délicate. Les réalisateurs sont en effet attendus au tournant et ne doivent pas décevoir.
Pour relever ce défi,
Yvan Attal s’attaque, après son très beau
Ma Femme Est Une Actrice, au délicat sujet des problèmes de couple, et de toutes les fameuses questions métaphysiques qu’ils entraînent… Choisissant un ton résolument drôle, ILS SE MARIERENT… s’avère être une réussite à tous les points de vue : Le scénario est fluide et intelligent, sachant se concentrer sur le couple Gabrielle/Vincent pour s’en détacher quand il le faut pour aller vers d’autres personnages. Les dialogues sont fins et pesés, interprétés par des comédiens (amateurs pour certains, très connus pour d’autres) parfaitement choisis. A noter quelques scènes magnifiques comme celle où
Charlotte Gainsbourg et un invité mystère écoutent, sans un dialogue, un disque de RadioHead dans un magasin ; ou la bataille de nourriture & plumes dans l’appartement de Gabrielle et Vincent.
Toute la force du film d’Attal, c’est d’avoir su aborder avec originalité un sujet aussi banal qu’est celui des relations couple/maîtresse/amant. Il n’entend pas donner de leçon ni de réponse au problème, mais apporte néanmoins un point de vue, une inquiétude, ressentie par chaque spectateur. Chacun pouvant aisément d’identifier à l’un ou l’autre des personnages.
Si
Yvan Attal a choisi une nouvelle fois son épouse
Charlotte Gainsbourg pour incarner Gabrielle, sa femme dans le film, ILS SE MARIERENT n’est pas pour autant autobiographique. Le réalisateur avoue juste s’être inspiré de constations qu’il faisait dans sa vie quotidienne, dans son couple certes, mais aussi et surtout autour de lui. Et l’on ne peut que lui être reconnaissant de diriger et de filmer si bien cette sublime actrice qu’est sa femme…
Ni trop centré sur les hommes, ni sur les femmes, le film sait laisser la part à chacun. Ici, ce n’est pas l’histoire de un tel qui trompe sa femme ou de une telle qui est la maîtresse. C’est l’histoire d’un peu tout le monde, des moments de vie qui parfois se croisent, s’accrochent, s’éloignent ou se retrouvent…
Amélie Chauvet