Qu’il est bon de découvrir de courts films d’animation où les techniques utilisées sont encore inconnues dans nos pays occidentaux !
Empreinte d’une poésie magique et de la calligraphie, la peinture chinoise qui se libère de ces courts-métrages est l’expression d’une philosophie louable, celle d’une harmonie sereine de l’homme avec la nature. Le travail qui s’en dégage, fluide et savoureux, mérite l’attention des petits et des grands. En effet, il est impressionnant de filmer la peinture chinoise image par image avec une encre toujours différente, comme dans IMPRESSION DE MONTAGNE ET D’EAU, un chef d’œuvre de
Te Wei, récompensé à maintes reprises entre autres par le premier prix du film d’animation de Mumbai en 92, ou encore à Shangaï en 1988.
Te Wei utilise le lavis animé à l’encre de Chine et à l’aquarelle dont il est le seul à connaître le secret. Ce mystère, ajouté à la puissance de ce conte philosophique est une pure merveille.
L’autre technique utilisée dans LA MANTE RELIGIEUSE et L’EPOUVANTAIL, marie la peinture traditionnelle avec la technique des découpages articulés pour des contes à la fois drôles et ancestraux. Le programme collectif d ‘animation chinoise se termine par LES SINGES VEULENT ATTRAPER LA LUNE, un découpage lavis plus moderne, à la fois amusant et touchant.
Ces quatre courts-métrages méritent leur place dans les salles obscures. Doté d’une pensée riche et d’une peinture chinoise animée avec un soin incontestable, le message est définitivement beau. D’emblée, vous tombez pour cette philosophie chinoise qui arrête étrangement le temps.
Nadège Fleury