Qui n'a jamais entendu parler du fameux monstre du Loch Ness ? Légende écossaise, pure invention, hallucination collective ou réel monstre des profondeurs, Nessie a alimenté nombre de films, d'histoires, de cauchemars. Il y a quelque temps, pour éclaircir un peu le mystère,
Werner Herzog décide de partir à la chasse au monstre. Filmé dans ses aventures par deux jeunes reporters, le réalisateur de AGUIRRE OU LA COLERE DE DIEU embarque sur le lac une équipe de chocs : chef opérateur, ingénieur du son et producteur bien connus des grosses productions hollywoodiennes. Mais au lieu d'un gros poisson, il trouvera sur son chemin bien des embûches - à tel point que le spectateur perd rapidement le fil : dans quel film sommes-nous réellement ? Celui d'Herzog sur le monstre ? Celui des reporters sur ce monstre du cinéma ? Celui du producteur sur sa vision des choses ? De quoi se noyer dans une mare, et ça tombe bien car c'est justement le souhait de
Zak Penn, producteur, scénariste ou réalisateur, on ne sait plus très bien. Divisé en chapitres par un montage astucieux, multipliant les images en caméra cachée saccadées et chaotiques, les portraits de l'équipe, les témoignages des survivants, INCIDENT AU LOCH NESS a tout d'un documentaire classique. Grâce à certains secrets dévoilés, on plonge rapidement dans les méandres des dessous de la réalisation, l'influence du producteur, le mystère, les cachotteries. Que se passe-t-il vraiment ? Qui veut doubler qui ? Impuissant, on assiste peu à peu à la déchéance du projet, l'émergence du produit, et bientôt, à la découverte de ces évènements trop surnaturels pour être honnêtes. On y croit, on s'y perd, et puis, finalement, on comprend. Très bien orchestré, joli pied de nez aux documentaires habituels, INCIDENT AU LOCH NESS a le mérite de faire croire à l'incroyable. LOST IN LA MANCHA avait ouvert la voie des making of grandeur nature. LE PROJET BLAIR WITCH en avait ouvert une autre…
Aurélie Maulard