Le visage buriné, les yeux d’un bleu à se damner, la clope toujours à la main,
Sean Penn n’a plus rien à prouver à personne. Acteur mythique s’il en est, réalisateur reconnu (
Crossing Guard,
The Pledge), voilà qu’il se transforme également en scénariste pour son quatrième long-métrage.
" Seulement quatrième long-métrage" en presque 30 ans de carrière a-t-on envie de dire, tant le génie de
Sean Penn transpire sur chaque images.
Adapté d’une histoire vraie, basée sur les mémoires de son héros,
Into The Wild est incroyablement beau... Tout simplement. D’autant que c’est avant tout un très bel hommage à Mère Nature, une ode à la planète, un pamphlet anti-société de conso, bourré de messages et de sous-entendu. Alors évidemment, les trois quarts du film sont très contemplatifs, un peu naïf dans leur vision des choses (naturelles comme humaines), et comme l’histoire est très simple, il ne se passe finalement pas grand chose. Mais le montage non chronologique, l’incroyable prestation d’
Emile Hirsch, qui rassure décidemment sur la nouvelle génération, une bande-son divine et la poésie qui se dégage de chaque image, chaque paysage, chaque rencontre, nous balance une énorme vague d’émotion... Car
Sean Penn ne juge pas, il pose sa caméra pour filmer ce qui l’entoure dans toute sa beauté, son immensité. D’ailleurs, son cinéma fait étrangement penser à celui de Terrence Malick. Alors, comme pour Malick, le film transcende… ou ennuie, c’est selon. Mais si vous vous laissez submerger par la poésie, la couleur, la douceur, l’émotion, la tristesse et la mélancolie d’
Into The Wild, préparez votre sac à dos – et n’oubliez pas les mouchoirs…
Aurélie Maulard