Ce premier long-métrage d'
Eric Toledano et
Olivier Nakache, qui s'étaient déjà illustrés avec plusieurs courts de grande qualité, n'a rien d'exceptionnel en soi mais reste assez réussi dans le genre
«comédie française avec Gérard Depardieu».
Je préfère qu'on reste amis, c'est l'histoire de Claude, pas très beau, pas très bien habillé, pas très bien dans sa peau, trentenaire et célibataire. Cherchant sans vraiment chercher son âme sœur, il croise le chemin de Serge, la cinquantaine, divorcé et père de deux fillettes. Serge joue la carte de la drague franche et marquée, au risque de paraître parfois ridicule. Mais ses techniques vont finalement séduire Claude, qui se laisse embarquer dans les plans drague de son ami.
Le sujet est classique, le traitement conventionnel, l'histoire sans grande surprise. On se laisse néanmoins volontiers attendrir par ce couple d'amis formé par
Jean-paul Rouve et
Gérard Depardieu. Ce duo, équilibré, fonctionne bien, et l'on se prend facilement aux jeux des Speed Dating et des incrustations - et non invitations - aux mariages d'inconnus.
Jean-paul Rouve nous prouve l'étendue de son registre de comédien avec ce personnage fragile, gentil et attendrissant, qui lui va plutôt bien, assez loin du Couscous de
Podium mais tout aussi attachant. On remercie d'ailleurs Depardieu pour sa prestation discrète, qui sait laisser s'épanouir le personnage incarné par Rouve… Et l'on remercie également les réalisateurs qui ont soigneusement su éviter un happy end amoureux à l'eau de rose pour nous offrir finalement, comme son titre l'indique, un beau film sur l'amitié.
Amélie Chauvet