Comme il le dit si bien lui-même,
Michael Douglas s’est fait plutôt rare sur les écrans depuis son mariage avec l’actrice Catherine Zeta-Jones, en 2000. Deux ou trois thrillers par ci, quelques comédies transparentes par là, mais rien de vraiment très croustillant à se mettre sous la dent depuis l’étonnant
Wonder Boys.
Du coup, retrouver l’acteur à l’affiche du « petit »
King Of California (production indépendante chaperonnée par les papas de
Sideways), dans la peau d’un père immature, irresponsable et un peu cinglé, il faut avouer que ça a du bon. Face à lui, la figure montante du cinéma
indy,
Evan Rachel Wood (qu’on attend furieusement dans le
Across The Universe de Julie Taymor) ? Une affiche jaune qui évoque innocemment un certain
Little Miss Sunshine ? Allez, pourquoi pas…
Et on aurait sûrement tort de se priver de cette balade humaniste au message simple en apparence (suivre ses rêves pour être heureux), sans être simpliste (Charlie ne peut vivre ses rêves sans l’aide des autres). Sur fond d’une lumineuse et mélancolique Californie, on se surprend à suivre ce duo tragi-comique, déphasé et inversé, mener sa quête, tel Don Quichotte.
Si on ne peut nier un manque d’originalité formelle, une mise en scène assez sage et un léger manque de mordant, le résultat dégage néanmoins une douceur et un humour plutôt séduisants. Et puis, voir
Michael Douglas en roue libre est diablement savoureux : imaginez le héros de
Basic Instinct les cheveux en bataille, l’œil exorbité et la tenue de plongeur, courir en pleine nuit dans un supermarché… Ben oui, ça fait rigoler.
Eléonore Guerra