Quatre ans après le succès de son premier film,
No Man'S Land, lauréat d'un Oscar et de nombreux prix à travers le monde,
Danis Tanovic revient sur nos écrans avec son second long-métrage,
L'enfer. Salué en 2001 pour son originalité, son côté à la fois léger et sérieux, le réalisateur bosniaque signe cette fois un film grave et très sombre, d'après un scénario co-écrit par
Krzysztof Kieslowski et
Krzysztof Piesiewicz dans le cadre de leur projet de trilogie intitulée
"Paradis, enfer, purgatoire" et inspirée de
"L'Enfer" de Dante.
L'enfer réunit trois grandes actrices françaises -
Emmanuelle Béart,
Marie Gillain et
Karin Viard - , accompagnées des apparitions aussi fantomatiques que surprenantes de
Carole Bouquet,
Jacques Perrin,
Guillaume Canet,
Jacques Gamblin ou
Jean Rochefort. L'histoire est celle du destin tragique de trois sœurs et de leurs difficiles rapports aux autres comme à elles-mêmes. L'une d'elles porte un terrible secret familial en elle, qui, une fois révélé aux autres et aux spectateurs, expliquera beaucoup de choses sur leur comportement. Les situations souvent difficiles vécues par ces trois femmes provoquent très vite chez le spectateur une sensation de gène vis-à-vis d'une histoire parfois surréaliste et finalement peu crédible. Le réalisateur greffant en plus sur son scénario une réflexion psychologique de comptoir et des métaphores faciles et inutiles.
Tous ceux qui attendaient de
Danis Tanovic un nouveau film mêlant humour et drame risquent d'être fortement déconcertés par cet
Enfer finalement très obscur. Inspiré visiblement par le cinéma français, de Chabrol notamment, Tanovic en a oublié l'originalité.
Amélie Chauvet