Zabou Breitman nous avait ému avec son premier film,
Se Souvenir Des Belles Choses, une histoire d’amour peu ordinaire et très émouvante entre deux amnésiques. Pour son second long-métrage, la cinéaste reste dans les sentiments, avec cette love story qui ne dit pas son nom entre deux hommes, Hugo et Frédéric (
Charles Berling et
Bernard Campan). Des sentiments pas comme les autres, que
Zabou Breitman choisi de filmer pas comme les autres, optant pour une caméra tantôt voyeuse tantôt subjective. Le spectateur pénètre ainsi l’intimité de Frédéric, de sa femme Frédérique et de leur voisin Hugo.
Dérangeante parce qu’interdite, cette romance l’est d’autant plus qu’elle est non dite. Et si l’on ne comprendra pas toujours les choix artistiques de la cinéaste, ces derniers contribuent largement à l’originalité et à l’ambiance du film, tels que de nombreux gros plans ou plans répétitifs. Dans la même optique, on retiendra la non-linéarité du montage ou ces sympathiques jeux de lumières sur les murs de la maison d’Hugo.
L’homme de sa vie a tout du petit film intimiste classique, voulant se démarquer par des effets de style pas toujours très appropriés. Il réussit cependant à marquer les esprits, et l’on reste, après le film, plongé dans les pensées troubles et troublées de Frédéric. Une réflexion sur la vie, l’amour, la famille qui se veut simplement émouvante, sans jugement de valeur ni leçon de morale. A voir notamment pour les belles performances de ses deux comédiens principaux… Il y aurait presque de quoi en tomber amoureux !
Amélie Chauvet