Critiques : La bande à Baader

    en DVD le 16 Juin 2009

Notre critique : La bande à Baader 3 étoiles

    Le nouveau tableau réaliste et choc d’outre-Rhin

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema

    L’histoire contemporaine du 20ème siècle semble être l’une des principales préoccupations des cinéastes allemands de ces dernières années. Contrairement aux œuvres historiques françaises qui semblent être obnubilées encore et toujours par le passé glorieux de la Résistance pendant la deuxième guerre mondiale, le cinéma d’outre-Rhin n’hésite pas à s’attaquer à des sujets sensibles au travers de l’histoire tumultueuse de son pays. Après Good Bye Lenin !, La Chute ou La Vie Des Autres, La bande à Baader fait honneur à cette récente tradition et livre ainsi un tableau dur et passionnant sur une période des plus chaotiques et nihilistes de la RFA.

    Le film, adapté du livre de Stefen Aust, retrace la naissance progressive du mouvement RAF à partir 1967, après les manifestations tragiques contre la visite du Shah en Allemagne de l’Ouest, jusqu’à la mort de ses instigateurs en prison en 1977. Signes de la radicalisation d’une jeunesse se révoltant contre le renouveau d’un fascisme perçu au sein du pouvoir allemand, les actions de la bande à Baader, entre attaques terroristes et prises d’otages, dévoilent une des faces les plus sombres des mouvements jeunes du monde entier de la fin des années 1960.

    Adapter une telle histoire au cinéma était un pari risqué, et Uli Edel le relève plus au moins avec brio. Comme pour Mesrine : L'Instinct De Mort, le cinéaste s’est retrouvé face à un grand dilemme concernant la manière de montrer à l’écran le mouvement et ses chefs de file, notamment Andreas Baader, Ulrike Meinhof et Gundrun Ensslin. On décèle chez Edel une certaine admiration initiale pour ses jeunes qui ont osé prendre les choses en main, sans craindre de dépasser le point de non-retour. Ainsi, l’interprétation de Baader par Moritz Bleibtreu montre un personnage charmeur et charismatique, quelque peu distancé de l’appréciation de l’homme par Jean-Paul Sartre, qui le traita de « con » après l’avoir rencontré en prison. L’autre parti pris de ce film, c’est de critiquer ouvertement la violence institutionnelle de la RFA pendant cette période, et de la présenter comme principal catalyseur de la naissance du mouvement.

    Néanmoins, le film ne tombe jamais dans une apologie gratuite de leur cause. Au contraire, ce qui peut finalement choquer le spectateur, c’est l’absence marquante de moralité, avec les pertes des repères qui s’en suivent. En effet, face à une violence de tout bord, l’identification à un des deux côtés n’est jamais acquise tout au long du film. Malgré les critiques du cinéaste envers la spirale de violence dans laquelle s’emmêle la RAF, les tentatives radicales de maîtrise de la situation par le gouvernement allemand sont également condamnées. Les victimes et les coupables sont présents dans les deux camps. Le portrait de la violence est brutal, à travers son traitement à coup d’images incisives et une bande son explosive, où chaque coup de feu provoque le moindre sursaut.

    Couplé avec une cascade continue d’évènements, La bande à Baader offre un spectacle d’où le spectateur ne ressort pas facilement indemne. Le plus troublant est l’interprétation de Martina Gedeck, qui incarne une Ulrike Meinhof saisissante, cette femme journaliste qui tomba progressivement dans la spirale infernale en abandonnant tout, y compris ses enfants. Au final, ce film révèle l’amateurisme d’un mouvement cherchant à jouer dans la cour des grands, au sein d’une société violente mais incertaine de ses repères, dans la peur perpétuelle de répéter les erreurs du passé.
    Nicolas Ferminet

Critiques : La bande à Baader 1 étoiles

  • Première
    Première

    "(…) le résultat est d’une rare maîtrise, et sans doute l’un des plus remarquables thrillers allemands."
    Véronique Le Bris (article entier disponible dans Première n°381, page 54)
  • A Nous Paris
    A Nous Paris

    " La bande à Baader nous éclaire sur ce pan de notre histoire proche et décrit parfaitement le souffle révolutionnaire de l’après-guerre. "
    Fabien Menguy (article entier disponible dans A Nous Paris du 07/11/2008)
  • Technikart
    Technikart

    "Viscéral, hyper-physique dans sa reconstitution et sa cinématographique (…), La Bande à Baader s’en tient donc au faits, sans parti pris mais avec l’intention de se débarrasser de tout romantisme idéologique. (…) Sensationnel. "
    Gaël Golhen (article entier disponible dans Technikart n°127, page 103)
  • Le Journal du Dimanche
    Le Journal du Dimanche

    " Le film, terriblement efficace, expose les faits, sans chercher à excuser ou à condamner. "
    B. T. (article entier disponible dans le Journal du Dimanche du 09/11/2008)
  • Elle
    Elle

    " L’action de la police, la violence des incarcérations, l’énigme des suicides collectifs, rien ne manque à cette chronique des années de plomb. "
    Philippe Trétiack (article entier disponible dans Elle n°3280, page 50)
  • 20 Minutes
    20 Minutes

    " Les aventures d'un groupe terroriste des années 1970 sont contées sans langueur. "
    (article entier disponible dans 20 Minutes du 12/11/2008)
  • Le Figaro
    Le Figaro

    " (…) cette sanglante fresque politique dissèque avec efficacité la naissance, la montée en puissance et la fin pathétique de cette fraction gauchiste (…) "
    O.D. (article entier disponible dans Le Figaro du 12/11/2008)
  • CinéLive
    CinéLive

    " N'épousant aucun point de vue moral, son spectacle, plaisant dans sa forme, tourne à vide. Un peu court, vu l'ambition affichée."
    Arnold (article entier disponible dans Cinélive n°128, page 49)
  • Ouest France
    Ouest France

    " Trois décennies après les faits, on pouvait attendre une approche plus originale, ambitieuse et pertinente que ce simple exposé des faits. "
    (article entier disponible dans Ouest France du 12/11/2008)
  • Les Inrocks
    Les Inrocks

    "On plonge avec intérêt dans le climat politique et social de l’époque et l’on découvre à quel point Baader était débile."
    Amélie Dubois (article entier disponible dans Les Inrocks n°676, page 63)
  • Le Monde
    Le Monde

    " L’exhaustivité n’a servi qu’à énumérer les faits, sans que les enjeux politiques aient été mis en scène. "
    Thomas Sotinel (article entier disponible dans Monde du 12/11/2008)
  • VSD
    VSD

    " Une fresque linéaire, violente, accrocheuse mais un peu simpliste (…) "
    (article entier disponible dans VSD n°1629, page 56)
  • Libération
    Libération

    "Les quelques images d’archives insérées dans la fiction laissent penser qu’un grand documentaire, solide, sérieux, aurait été autrement plus utile à l’intelligence de la période."
    Didier Péron (article entier disponible dans Libération du 12/11/08)
  • Télérama
    Télérama

    "À part la toile de fond siglée et une dernière partie plus aride sur la fin effroyable du groupe en prison, rien ne distingue du thriller standard cette grosse production regorgeant de stars nationales."
    Jacques Morice (article entier disponible dans Télérama n°3070, page 62)
  • Le Point
    Le Point

    " Le film ne prend jamais parti, n'analyse pas, n'interprète pas. Bref, on reste sur sa faim (...) "
    F.-G.L. (article entier disponible dans Le Point n°1887, page 120)
  • TéléCinéObs
    TéléCinéObs

    " Le film (…) reste superficiel, essentiellement illustratif. Frustrant. "
    O. B. (article entier disponible dans TéléCinéObs n°2297, page 12)
  • Les Cahiers du Cinéma
    Les Cahiers du Cinéma

    " A l'écran cela donne une galerie de perruques, lunettes et tubes des années 1970. Vous avez dit obscène ? "
    Renzi Eugenio (article entier disponible dans Les cahiers du cinéma n°639, page 66-67).
  • Positif
    Positif

    " La volonté maniaque de tourner dans les lieux mêmes de l'évènement, le souci documentaire qui a présidé aux reconstitutions ne conduisent qu'à une évocation superficielle sans véritable explication politique. "
    M.C. (article entier disponible dans Positif n°574, page 42)
 

Avis des Spectateurs

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Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 308 entrées
  • 1ère semaine IDF : 16 158 entrées
  • Cumul IDF : 24 816 entrées

  • 1ère semaine France : 34 637 entrées
  • Cumul France : 52 120 entrées