Près de dix ans après
La Ceremonie,
Claude Chabrol adapte une nouvelle œuvre de la romancière anglaise Ruth Rendell : "La Demoiselle d’Honneur". Retrouvant pour l’occasion Benoît Magimel, Bernard Lecoq et
Suzanne Flon (
La Fleur Du Mal), il offre le premier rôle à
Laura Smet.
Dans ce film on ne peut plus "chabrolien", on retrouve tous les codes chers au réalisateur. Une mise en scène très précise, des mouvements de caméra toujours parfaits, des dialogues écrits, un décor soigné et, surtout, un scénario qui dérange. Tout au long du film, le spectateur est interloqué, intrigué par cette Senta. Qui est-elle ? Que veut-elle ? Autant de questions qui continuent à nous hanter une fois sortis de la salle.
Menée par une
Laura Smet intrigante et irréprochable, on regrette cependant d’être parfois laissé sur la touche. Le spectateur reste en effet souvent à l’extérieur de l’histoire, ne ressentant pour elle aucune émotion particulière. Chabrol avait sûrement entre les mains toutes les cartes pour réaliser un chef d’œuvre comme il l’avait fait en adaptant
La Ceremonie. Seulement en tournant un film par an, on ne peut pas y mettre autant d’application que lorsque l’on y passe plusieurs années.
Amélie Chauvet