Deux ans après une première adaptation très réussie du roman de
Robert Ludlum La Mémoire dans la peau par
Doug Liman (ici producteur), c’est le réalisateur et écrivain
Paul Greengrass qui porte la suite à l’écran, La Mort dans la peau. Si la direction a changé, la qualité du film est elle constante, voire supérieure.
Matt Damon reprend son rôle de Jason Bourne qu’il campe avec un naturel toujours aussi déconcertant, et nous entraîne à la recherche de son passé et à la poursuite de ceux qui veulent sa peau.
On retrouve avec plaisir le rythme, l’esprit et l’esthétique de l’œuvre de Liman, une touche de nouveauté en plus.
Paul Greengrass (BLOODY SUNDAY) a en effet apporté à LA MORT DANS LA PEAU son style visuel très réaliste, acquis lorsqu’il était reporter et documentariste. Le film recèle ainsi de scènes d’action époustouflantes, filmées le plus souvent caméra à l’épaule et proposées avec un montage cut très rapide, associées à une musique tout à fait adéquate de
John Powell
Evitant à tout moment les clichés du genre pour nous offrir un vrai bon thriller d’action, le film sait aussi échapper aux longues scènes romantiques inutiles mais souvent très présentes dans ce genre de production.
Le scénario est juste assez complexe pour ne pas s’ennuyer, mais pas trop pour ne pas y perdre la tête. Malgré tout, les difficultés de l’adaptation d’un roman à l’écran remontent parfois à la surface : certains points ne sont pas assez détaillés et exploités, comme le personnage de Zorn, d’autres sont là sans intérêt scénaristique particulier comme la rencontre entre Jason et la fille – devenue adolescente – de ceux qu’il avait tué quelques années auparavant. Déception somme toute très relative, qui ne peut que donner envie de lire le livre de Ludlum pour approfondir ces quelques points…
Amélie Chauvet