Alors que son précédent film
K-pax - L'Homme Qui Vient De Loin relevait d'un fantastique très soft, avec un Kevin Spacey venu d'ailleurs, le nouveau long-métrage de
Iain Softley penche vers un fantastique plus proche des
Autres d'Amenabar. Sans égaler la performance du cinéaste espagnol en matière d'ambiance pesante, de fantômes et autres morts-vivants, Softley nous offre avec cette
Porte des secrets un bon film de genre. Sachant faire monter petit à petit la pression, l'histoire, bien que des plus banale, arrive à captiver le spectateur.
K-Pax jouait plus la carte de l'émotion,
La Porte des secrets joue celle de l'angoisse. On se retrouve enfermé avec les personnages dans le huis clos d'une grande demeure coloniale des environs de la Nouvelle-Orléans, où magie noire, rituels et autres sorts règnent en maître.
Suivant de près la jeune Caroline (
Kate Hudson) dans sa découverte de la maison et de ses fantômes, nous avançons pas à pas avec elle. Tantôt craintifs tantôt vraiment effrayés, on se prend très vite à vouloir, nous aussi, ouvrir ces mystérieuses portes à l'aide de la fameuse
Skeleton Key (titre original du film, passe-partout en français).
Et si le réalisateur sait créer une atmosphère se prêtant judicieusement à la montée d'un pressentiment, d'une inquiétude grandissante chez le spectateur, il faut néanmoins savoir faire la part des choses entre le premier et le second degré dans le film pour pouvoir l'apprécier au mieux. Prendre à ce titre au second degré les interprétations très poussées, limites caricaturales, du couple Violet et Ben respectivement incarnés par
Gena Rowlands et
John Hurt.
Certes très formaté pour les studios et hautement classique dans sa forme,
La Porte des secrets reste un bon film de genre efficace dans son scénario comme dans sa mise en scène.
Amélie Chauvet