Le Cactus est une de ces comédies françaises fonctionnant sur un duo d'acteurs antagonistes, genre particulièrement connu grâce à un certain François Pignon. Alors que le film de duo est souvent basé sur une opposition physique (le gros & le petit, le fort & le chétif, etc.), ici c'est avant tout le caractère qui prime. Patrick est plutôt du genre posé et organisé, alors que Sami, son meilleur ami de toujours, est lui complètement loufoque, farfelu… et hypocondriaque. Cette maladie est le point de départ d'une histoire finalement assez simple, mais qui entraîne nos deux compères dans un véritable voyage initiatique au cœur de l'Inde, où se déroule plus de la moitié du film. Si ce deuxième long-métrage du tandem Bitton/Munz est bien sûr une comédie, il aborde aussi des sujets plus graves, comme la question de savoir ce que l'on fait quand on n'a plus que quelques semaines à vivre. Les scénaristes de
La Verité Si Je Mens 1 et 2 nous confirment avec ce film leur talent à nous faire rire à partir de dialogues finement écrits. On regrette néanmoins un rythme pas toujours suffisamment soutenu pour faire de cette comédie une nouvelle référence du genre comme le furent
La Chevre,
L'Emmerdeur ou plus récemment
Le Boulet.
Les situations, au même titre que le voyage en Inde, ne sont que prétexte pour les réalisateurs à jouer sur les mots de manière assez plaisante. Le spectateur se laisse ainsi porter dans une aventure sans prétention mais au demeurant très agréable. Et si vous ne rirez pas forcément aux éclats pendant une heure trente, vous passerez au moins un très bon moment et ferez de toute façon un beau petit périple en compagnie d'acteurs fort sympathiques. A noter la confirmation du talent de
Pascal Elbé, qui s'offre ici un beau premier rôle comique assez prometteur, et
Clovis Cornillac qu'on ne présente plus (
Brice De Nice,
Au Suivant,
Les Chevaliers Du Ciel, etc.). Toujours au casting, n'oublions pas de mentionner la présence à la fois drôle et hommage de
Pierre Richard en maître zen indien… Une apparition un peu à l'image du film, sans intérêt particulier pour le scénario mais un régal pour nos zygomatiques !
Amélie Chauvet