Critiques : Le couperet

    en DVD le 26 Septembre 2005

Notre critique : Le couperet 4 étoiles

    Attention : film tranchant.

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema

    Un film d'horreur. Le mot est lancé. Le nouveau Costa-Gravras est un film d'horreur - sans tueur masqué, sans chair qui dégouline, sans ados perdus dans une forêt hantée. Une horreur sociale, une fiction presque documentaire qui pourrait se dérouler chez vos voisins de paliers. Vous savez, cette gentille famille dans sa belle maison, avec sa grosse voiture, ses deux enfants formidables - une famille sans histoire, tellement ordinaire qu'elle en est presque banale. Et pourtant, Costa-gavras, rebelle parmi les rebelles, soulève un peu le voile, et ce qu'il y décrit n'est pas beau à voir. Il avait suffi de quelques secondes à Michael Douglas dans Chute Libre, pour péter les plombs et sombrer dans la folie. José Garcia a eu deux ans de sa vie pour réfléchir à cette longue décadence humaine, à sa lente chute vers l'irréparable. Deux années de chômage après quinze ans de bons et loyaux services, deux années à envoyer des CV, à guetter le courrier, à patienter, à ruminer. Jusqu'à penser que la seule solution pour retrouver du travail serait de supprimer tous ceux qui seraient susceptibles de lui prendre.
    Le père devient serial killer, « social killer » pour sauver la belle vie de sa petite famille propre sur elle - mais si sale de l'intérieur. Les enfants sont gavés de télévision, de violence, de sexe, séduisent, volent, ne sont plus choqués par rien, même par le suicide en direct d'un malheureux inculpé à la place de leur père. La mère, prête à tout pour sauver son mariage, regarde ailleurs et a besoin d'un conseiller conjugal pour parler à son mari. « La société se tire une balle dans le pied »
    Une sombre réalité décrite sans détour par un de ces cinéastes qui croit encore que le cinéma est un art, pour dialoguer, pour provoquer, pour revendiquer. Car en plus d'être un somptueux chef d'œuvre d'ironie et d'humour (très) noir, LE COUPERET est également un formidable pamphlet contre la société actuelle, le comportement des chefs d'entreprise et du gouvernement, contre cette religion de l'argent qui prédomine aujourd'hui, cette idéologie de la rentabilité qui prend le pli sur tout, sur la vie, sur l'humain. La guerre d'Amen est terminée, celle du COUPERET ne fait que commencer…
    Mais le film ne serait pas le même sans la prestance et le charisme du grand comédien qu'est José Garcia. L'agitateur des foules, le comique de service prouve une nouvelle fois au monde entier son immense talent d'acteur dramatique, grâce à ce rôle taillé sur mesure, grandiose et affûté comme une lame de rasoir.
    Le nouveau Costa-gavras frappe là où ça fait mal, comme un couteau au travers de la gorge, fait trembler, fait réfléchir, rend l'air glacial et suffoquant. Et l'on ne peut s'empêcher de guetter du coin de l'œil lequel de ses voisins va tirer le premier.
    Aurélie Maulard

Critiques : Le couperet 1 étoiles

  • Studio Magazine
    Studio Magazine

    " (…) une froideur clinique, qui génère forcément le frisson, mais aussi parfois, en réaction, le rire. "
    Patrick Fabre (article entier disponible dans Studio n°210, page 24)
  • L'express
    L'express

    " Une fable autant qu'un polar social. "
    Éric Libiot (article entier disponible dans L'express Mag n°2800, page 61)
  • TéléCinéObs
    TéléCinéObs

    " José Garcia, tout en colère retenue, lui apporte son charme et sa vitalité de comédiens aux abois. "
    G.V. (article entier disponible dans TéléCinéObs)
  • CinéLive
    CinéLive

    " De cette vision terrifiante, Donald Westlake en a écrit tout un polar, et Costa-gavras en a tiré un film grinçant qui flotte entre deux eaux. "
    Sandra Benedetti (article entier disponible dans Cinélive n°88, page 42)
  • Première
    Première

    " Malgré quelques lourdeurs du côté des personnages secondaires, Costa-gavras conjugue avec bonheur lois du film noir et analyse acérée de la très sauvage modernité néolibérale. "
    Olivier De Bruyn (article entier disponible dans Première n°337, page 34.)
  • Télérama
    Télérama

    " La délicate balance entre la drôlerie et l'effroi."
    Pierre Murat (article entier disponible sur le site de Télérama)
  • Le Parisien
    Le Parisien

    " Le spectateur, ferré par le suspense, marche à fond dans ce conte amoral, jusqu'au clin d'oeil final... "
    Ph.L. (article entier disponible sur le site du Parisien).
  • Libération
    Libération

    " (…) une sorte de subversion fantastique, distillée en filigrane."
    Ange-Dominique BOUZET (article entier disponible sur le site de Libération)
  • Le Figaro
    Le Figaro

    " (…)une métaphore critique et une farce glacée d'où surgit un atroce guignol qui pourrait bien nous ressembler ! "
    Dominique Borde (article entier disponible sur le site du Figaro).
  • Zurban
    Zurban

    " Si Costa-gavras n'est ni le premier à décrire la spirale du chômage, l'enfermement de la folie qui peut résulter (…) le traiter sous l'angle du polar devrait lui valoir plus qu'un succès d'estime. "
    Véronique Le Bris (article entier disponible dans Zurban n°236, page 27)
  • Le Monde
    Le Monde

    " Costa-gavras est plus convaincant lorsqu'il esquisse un portrait à la Fritz Lang de son justicier fou : mains moites, tremblant, vomissant, pleurant, métamorphosé en bête gémissante. "
    Jean-Luc Douin (article entier disponible sur le site du Monde)
  • Figaroscope
    Figaroscope

    " Costa-gavras, en tout cas, mène bien son jeu. "
    Emmanuelle FROIS (article entier disponible sur le site de Figaroscope).
  • Les Inrocks
    Les Inrocks

    " Si LE COUPERET accroche par son sujet, Costa-gavras ne fait pas dans la dentelle et pratique plutôt le surlignage épais (recadrages voyants, plans de coupe insistants, dialogues explicatifs…) que l'ellipse élégante. "
    Serge Kaganski (article entier disponible dans Les Inrocks n°843, page 36)
  • Les Cahiers du cinéma
    Les Cahiers du cinéma

    " (…) tout théorique, tout en bois de synthèse. Tout plat jusqu'au jeu de Garcia (…) "
    Emmanuel Burdeau (article entier disponible dans Les cahiers du cinéma n°600, page 51).
 

Avis des Spectateurs

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