Au cœur des montagnes rocheuses, Norman vit en complète autarcie avec Nebaska, une Indienne Nahanni, et ses chiens de traîneau. Déconnecté des besoins créés par la société moderne, Norman va en ville seulement une fois par an afin de vendre ses peaux et acheter le peu dont il a besoin : farine, allumettes, bougies, piles pour son transistor.
Une idée originale au départ. A partir de sa rencontre avec l'un des derniers trappeurs, Norman Winther,
Nicolas Vanier s'est attelé durant un an et demi à la réalisation de son premier long-métrage, un documentaire/fiction. Celui-ci est au préalable connu pour ses grandes expéditions en Sibérie, dans le Grand Nord Canadien ou encore en Alaska , illustrées dans différents romans, carnets de photos, récits de ses aventures et documentaires (notamment pour l'émission « Ushuaia »).
Ce « Jack London des temps modernes » a découvert le personnage particulier qu'il recherchait depuis des années. Un trappeur, amoureux de la nature, du « Grand Nord », de ses chiens de traîneau, et de sa femme indienne très belle, soit dit en passant…
Norman a choisi de passer pour un marginal aux yeux des hommes, pour un « tueur » d'animaux. Mais un vrai trappeur, c'est celui qui peut intervenir dans la nature de façon intelligente et raisonnée, grâce à sa connaissance du milieu et son grand respect des équilibres naturels. C'est ce que Nicolas Vannier nous démontre pendant une heure et demi.
La photographie est très belle. L'équipe technique a réussi avec brio une réalisation impeccable, dans des conditions incroyables (parfois - 50°C). Mais le fil de la narration est aussi fidèle que celui d'un film américain à grand spectacle, sans aucune surprise. La moralité est omniprésente, égale à celle d'un mauvais Disney. Le film tombe sans détour dans les clichés. Des nœuds dramatiques sans pertinence sont apposées à une musique entêtante, celle de
Krishna Levy. Toutefois les thèmes importants restent abordés : la déforestation, le mode de vie et la philosophie de la nature. Mais l'aspect documentaire a totalement disparu, et le manque de spontanéité des personnages est navrant.
Nadège Fleury