Fille de
Jean Gabin, scripte depuis plus de trente ans,
Florence Moncorgé-gabin a pu faire ses armes auprès de Michel Audiard, Claude Lelouch ou Claude Pinoteau et est l’auteur de deux ouvrages sur son père.
Le passager de l’été est son premier long-métrage, un film qu’elle a, de son propre aveu, écrit comme un roman.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la réalisatrice ne nous fourvoie pas :
Le passager de l’été est un roman, un roman construit à l’ancienne. On retrouve du Balzac dans cette étude de mœurs, cette galerie de personnages peu sympathiques –
Catherine Frot odieuse, amoureuse et diablement convaincante – et surtout cette passion individualiste qui prime sur tout, qui dévore tout. Le film croise ensuite la route de François Mauriac dans ce petit village hostile et scrutateur du moindre écart et du pêché de chair.
De bonnes influences, c’est sûr. Mais
le passager de l’été est, jusqu’à preuve du contraire, une œuvre cinématographique, donc visuelle. Or, si l’étude de cas est intéressante, elle est trop littérale et perd de sa force. On aurait aimé garder cette « pudeur » tout en se confrontant au tranchant d’un Chabrol ou au mordant d’un Pagnol.
La retenue de
Florence Moncorgé-gabin est louable… mais frustrante.
Eléonore Guerra