Chevaux, haies, steeple chase, écuries... Bienvenue dans l’univers du Jockey ! Un univers, malheureusement trop peu développé sur grand écran.
Benjamin Marquet relève le défi. Tout du moins il essaie… Dans son nouveau film,
Lads & Jockeys, il nous montre l’évolution de jeunes cavaliers. À 14 ans, Florian, Steve et Flavien entrent au pensionnat « Le Moulin à Vent », un centre d’apprentissage des futurs lads et jockeys. Trois ans plus tard, les meilleurs deviendront jockeys, les autres auront appris le métier de lad, comprenez par là un garçon d’écurie.
Si l’idée de départ est intéressante, ce documentaire s’essouffle vite. De par une réalisation assez lente mais aussi à cause de quelques maladresses comme les images d’archives qui, au lieu de rythmer le film, le coupent en plein élan. Néanmoins, il faut relever l’audace de
Benjamin Marquet. Les films sur le sujet son rare alors on s’intéresse, on observe et on apprend. La passion du cheval passe avant tout, ça se voit… et s’entend ! L’univers atypique de ce monde est véridique, à l’image de ces jeunes, âgés de 14 à 16 ans, qui n’hésitent pas à aller dans les bars PMU juste pour parier sur les courses. Mais ce n’est pas là le problème. Qui dit PMU dit également l’esprit qui va avec. Intellectuellement, on est plus proche du paysan du coin que du politiquement correct, mais les jeunes sont tout simplement le reflet de leurs aînés. Et quand un entraîneur crie, d’une voix rauque et cassée : « Quand tu seras Jockey, t’auras pas besoin de ton cerveau, mais maintenant il faut t’en servir… ! », ou lorsque à la suite d’une soirée un autre enseignant fait part de ses sentiments : « Alors hier, vous avez fait du bouche à bouche les jeunes ?! », le spectateur peut être assez consterné !
Cependant, le film se rattrape par des prises de vues incroyables, surtout lors des séquences des entraînements de courses. Mais cela ne suffit pas à entraîner le spectateur dans la course. Être Jockey n’est pas simplement un travail comme un autre, c’est une véritable passion. Une passion que seules les amoureux de cet animal et de cet univers comprendront. Dommage.
Laurène Guillaume