Le réalisateur
Christophe Barratier nous raconte avec LES CHORISTES une jolie fable sur la nature humaine. Il est très aisé de comparer ce film à une partition de musique dans laquelle on entre avec ferveur, un morceau de piano qui nous mène de crescendo en decrescendo, de pause en silence, d’accords tonitruants en consonances plus douces et finalement nous laisse un agréable souvenir.
Gérard Jugnot joue ici le rôle principal et le spectateur est littéralement séduit par le personnage qu’il incarne : Clément Mathieu, nouveau pion du
Fond de l’Etang, un internat de rééducation pour mineurs. Mais aussi, un professeur de musique raté qui découvre de vrais talents parmi les terreurs qu’il doit surveiller. Une analogie est bien sûr clairement possible entre LES CHORISTES et le film que
Gérard Jugnot a réalisé
Monsieur Batignole, d’une part parce que le co-scénariste,
Philippe Lopes-curval est le même, et d’autre part parce que Clément Mathieu ressemble à si méprendre à Mr Batignole… On retrouve son côté à la fois touchant, émouvant, drôle et attachant. Toutefois, le personnage de Clément Mathieu est plus léger, plus en musique.
Là où le cinéaste
Christophe Barratier est vraiment original et réussit à nous convaincre, c’est qu’il ne fait pas du rôle principal le pivot du film. En effet, dès le départ, on sait que Clément Mathieu a été complètement oublié, qu’il n’a pas laissé de trace. C’est un héros effacé, qui met en valeur un des jeunes élèves de sa chorale. Il sera le vecteur du talent, sans jamais rien demander de plus. Et c’est cet aspect-là qui rend vraiment le personnage incarné par
Gérard Jugnot, authentique.
La chorale est un régal, tous ces enfants ne pourront laisser indifférent même le plus récalcitrant des spectateurs.
Jean-baptiste Maunier, le jeune chanteur prodige de la troupe, dont la véritable voix mélodieuse nous accompagne tout au long du film, est un talent qu’il va falloir suivre de près. On applaudit aussi avec énergie la prestation de
François Berléand en directeur d’établissement qui interprète avec brio et délectation les tortionnaires cyniques d’enfants.
Kad Merad, plus connu pour son humour dévastateur que ses rôles sérieux, joue ici avec une grande conviction…
Maxence Perrin, alias Pépinot, n’a qu’un petit rôle dans ce long-métrage, mais son personnage est un véritable rayon de soleil.
Il y a peut-être un peu trop de bons sentiments dans LES CHORISTES, avec le schéma déjà visité et revisité des gentils qui triomphent des méchants. Certaines lenteurs se ressentent aussi dans le scénario qui est malgré cela bien ficelé. Pourtant, un sourire s’agrippe à notre figure, une chanson continue de trotter dans notre tête bien après le générique de fin et le tout est plutôt plaisant.
Sohini Gogel