Michel Ocelot est décidément un infatigable conteur. Si beaucoup ne le connaissent « que » pour son attachant
Kirikou Et La Sorcière (sorti il y a tout de déjà quinze ans), le réalisateur fourmille pourtant d’idées narratives et visuelles. Ainsi, après l’oriental
Azur Et Asmar et avant
Kirikou, Les Hommes Et Les Femmes, Ocelot a usé de son temps pour s’offrir une nouvelle petite incartade du côté du théâtre d’ombres dans
Les Contes De La Nuit. Six contes – parfois terribles comme
Le Garçon qui ne mentait jamais - mêlant aventure, bravoure, amour et magie…
Comme pour
Princes Et Princesses et
Dragons Et Princesses (dont il reprend d’ailleurs certains contes), le dernier recueil du cinéaste joue sur l’équilibre entre une esthétique
a priori simpliste (des personnages en ombres chinoises prenant vie « sur » des décors chatoyants… mais littéralement sublimés par une 3D léchée) et des histoires courtes à la morale humaniste. Le tout saupoudré d’une touche de merveilleux… Difficile de faire plus efficace, surtout auprès des spectateurs les plus jeunes qui apprécieront qu’un film s’adresse autant à leurs mirettes qu’à leur matière grise. Le public adulte (et féminin) risquera, en revanche, de s’irriter d’un message par moment un peu trop manichéen voire même à la limite du sexisme (les héroïnes étant soit en danger, soit le danger lui-même).
Eléonore Guerra