Avouons que l'idée de base des
Deux mondes était plutôt alléchante, avec cette histoire d'un homme ordinaire, propulsé messie d'un peuple en péril dans un monde parallèle. Sur le papier, le scénario, étonnant et plutôt bien fichu, nous invite au voyage… Mais sur l'écran, on a parfois cette sensation un peu bizarre que quelque chose ne tourne pas rond. Bizarre, oui, car
Benoît Poelvoorde excelle pourtant dans son rôle d'homme dépassé par la vie, qui doit reprendre les choses en main pour s'en sortir ; les costumes sont bien travaillés, les répliques croustillantes fourmillent, et les bonnes idées de mise en forme font légion (par exemple, les étranges traductions du bégamenien). Alors, où est le hic ??
Et bien, soyons réalistes, nous autres Français ne sommes pas fortiches pour réaliser ce genre de film mi-fantastique, mi-comédie, mi-historique… Là où les Américains auraient dépensé des millions de billets verts pour tourner la plus grande bataille de tous les temps,
Daniel Cohen filme une scène de guerre à notre échelle – avec quelques lances et une poignée de figurants… Car
même si on l'aurait souhaité, Les Deux Mondes n'a pas l'envergure d'un film de très grand spectacle – plus d'un bon petit film du dimanche soir à la téloche. Quoi qu'il en soit, il reste un long-métrage étonnant dans le paysage français, sympa à regarder, touchant et même drôle… Et si l'on reste un peu sur sa faim, finalement, c'est peut-être tout simplement qu'on en attendait trop.
Aurélie Maulard