A Timpelbach, pas de créatures fantastiques ou de sorciers, mais des enfants, tous délinquants, que l’école gave et qui n’attendent qu’une chose : en sortir pour faire de nouvelles bêtises. Parmi ces enfants, on trouve deux groupes. La bande à Oscar, un petit de 12 ans qui aurait fait un bon chef de gang dans
Les Guerriers De La Nuit, enclin à la destruction massive et énervé contre la société. L’autre groupe, les « autres », eux aussi des pros de la connerie mais plus modérés que les premiers. Le jour où les adultes, las de leurs frasques, désertent la ville et les livrent à eux mêmes, les deux clans se divisent et un combat pour tenir la ville ou y instaurer l’anarchie s’engage…
Imaginez une ville où toute autorité disparaîtrait, passée l’euphorie, un besoin d’ordre se fait naturellement sentir et c’est ce sur quoi le film s’attarde le plus longuement. Sur l’analyse de la recréation d’une idée de société, très ordonnée (élection de leaders, travail, règles à respecter) tandis que l’autre s’adonne à la débauche (filles, jeux de cartes et alcool coulent à flots). Le tout se fait avec des enfants qui, c’est très rare, ne donnent pas envie au spectateur de les pousser dans la Seine ou contre un mur.
On regrettera que les personnages des adultes soient si mal exploités car hormis
Armelle en institutrice de choc et
Thierry Desroses (la voix française de Samuel L. Jackson) en homme d’Eglise bagarreur, les autres ont bien du mal à marquer les esprits. Surtout
Gérard Depardieu, au nom bien placé sur l’affiche et qui ne sera vu qu’une minute et quelques en caricature d’ogre slave. De plus, l’intrigue consacrée aux adultes manque d’originalité, sa finalité étant de nous montrer, pour la énième fois, qu’ils peuvent être, et sont, encore plus immatures que leurs enfants. Ce n’est pas comme si on avait déjà vu ça 1000 fois au cinéma ou à la télé.
Mais le film ne déçoit pas, ne traîne jamais et trouve son point d’orgue dans un affrontement final épique à la Gangs Of New York. Les deux clans s’affrontent à grands coups de battes de base-ball en plein visage, même si les autres nerveux partageront cet avis : l’absence totale de sang après des coups si violents est étrange. Après les avoir vu boire et fumer, nous n’aurions plus été à ça près et ça aurait encore augmenté son capital sympathie. En plus d’attirer des spectateurs un peu plus vieux.
Avec son affiche ressemblant étrangement à celle de
Les Chroniques De Spiderwick et son titre laissant « espérer » un énième film
fantasy pour enfants,
Les Enfants de Timpelbach risque de connaître le même sort que
Les Desastreuses Aventures Des Orphelins Baudelaire (dont on peut le rapprocher sur certains aspects) ou
Le Secret De Térabithia et se retrouver gentiment ignoré. Ce qui serait bien dommage.
Pour une fois qu’un film pour enfants est cool. Et en plus français. Il ne faut pas le laisser passer.
Nicolas Laquerrière