Décembre 1989. Le monde entier a les yeux rivés vers l’Europe, encore sous le choc de la chute du mur de Berlin quelques jours plus tôt. Oui, la planète regarde – souffle coupé – le Vieux Continent… sauf nos potes les Yankees qui découvrent, juste avant Noël, leurs nouveaux meilleurs amis. Homer, Marge, Bart, Lisa et Maggie Simpson déboulent dans les petites lucarnes US (puis celles du monde entier) et ne tardent pas à révolutionner le concept même de « famille ». Le reste, comme on dit,
fait partie de la légende : succès monstrueux et empire marketing à la limite de l’indécence, cette tribu dysfonctionnelle et totalement politiquement incorrecte fait rapidement les beaux jours de la – pourtant droitière – Fox.
Bizarrement, il aura tout de même fallu 18 ans pour que le studio de grand renard parvienne à convaincre
Matt Groening de balancer ses bébés sur grand écran.
Tadaaaa ! Juillet 2007, le résultat est là et, pour nous qui avons grandi en les regardant ne pas vieillir, c’est avec une curiosité presque malsaine (
s’ils se loupent, on les tue !) qu’on s’installe dans la salle.
Groening a la pression, il le sait… et ce saligaud s’en amuse. Dès l’ouverture, le ton est donné : la famille Simpson est au ciné devant l’adaptation grand écran d’Itchy & Scratchy, quand soudain Homer se lève et s’insurge de payer pour «
un truc qu’on peut voir gratos à la téloche ». Bienvenue dans le film du film du film.
Cette fois, c’est la crise : Homer a encore fait une boulette… qui menace la vie de tous les habitants de la ville, rien que ça. Comme à l’accoutumé, un pet de mouche est prétexte aux pires divagations scénaristiques. Et comme à l’accoutumé, on accroche direct.
Une liberté de ton sacrifiée au dollar ? Que nenni ! Ca jure, ça rote, ça ment, ça vole… et ça se moque rageusement. Springfield terre de tous les vices ? Non, les Simpson simplement témoins de leur joyeuse société schizophrène. Pour le pire, et surtout pour le meilleur. En gros, on rassemble les meilleurs (Groening au scénario,
David Silverman à l’animation, ou encore Danny Elfman et Hans Zimmer à la partition) et on se lâche.
Parfaitement fidèle à l’esprit de la série,
Les Simpson : Le Film est en fait un immense terrain de jeu où la
Groening team s’éclate à égratigner tout et n’importe qui (ah, les irrésistibles caméos des Greenday ou de Tom Hanks…). Et nous, hilares, on se régale de voir notre si belle culture de consommation se prendre gifle sur gifle.
Le pied.
NB : Guettez la scène de SpiderCochon. Bientôt culte.
Eléonore Guerra