Leonardo, Raphael, Michelangelo, Donatello. Pour certains il s’agit tout simplement de grands maîtres artistiques offerts par la Renaissance italienne. Pour les autres, natifs des années 1980, ces prénoms sont ceux de quatre tortues au destin hors du commun. Enfants, elles sont malencontreusement aspergées d’un produit chimique dans un laboratoire. Nos petits reptiles se transforment alors en mutants mi-tortues mi-hommes, ne conservant que la moitié de leur solide carapace. Très vite deux grands objectifs se distinguent dans leur vie : la justice et… les pizzas. Créées en 1984 par
Peter Laird et
Kevin Eastman, Les Tortues Ninja ont d’abord été un comic-book avant de devenir un phénomène commercial décliné en de multiples supports : jouets, figurines, jeux vidéos, série TV animée et trois longs-métrages dont le dernier date de 1993. On croyait que cela s’arrêterait là, que personne n’effacerait les images imprégnées du dessin animé le dimanche soir sur Antenne 2 ou du premier niveau infranchissable du jeu sur SuperNintendo. On avait tort. Car les Tortues Ninja reviennent…
Réalisé par
Kevin Munroe,
TMNT se déroule après la mort du terrible Shreider, ennemi juré des Tortues Ninja. On découvre le leader Leonardo exilé en Amérique du Sud où il s’entraîne avec acharnement. Donatello lui, le cérébral du groupe, s’occupe d’une hot-line informatique. Le déluré Michelangelo se déguise en tortue clown pour les anniversaires des enfants, tandis que Raphael joue aux justiciers nocturnes à New York. Tout ce petit monde va devoir se réunir pour lutter contre de nouveaux ennemis : la bande médiévale de Winters et le clan des ninjas Foot. Cowabunga ! (ndlr : cri des tortues). C’est donc avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve ces héros de notre enfance dans ce film d’animation. Si la 3D rend les tortues plus jolies et détaillées, l’apparence des écailles laisse la magie sur le bas côté. Très propre, très lisse, le long-métrage de
Kevin Munroe est une réussite visuelle. Oui c’est joli… mais on s’ennuie. D’accord April O’Neil, aux formes non camouflées, n’a rien perdu de son charme (tellement que l’on en oublierait presque le retour de son petit ami Casey). D’accord les 28 mois de travail sont visibles à l’écran, notamment dans une très grande scène où Leonardo et Raphael s’affrontent sous une pluie battante. Cependant ces Tortues du nouveau millénaire semblent avoir perdu de leur grandeur. Le scénario, simpliste et pas très original, lasse. On se laisse porter par de belles images tout en regrettant la série animée qui elle au moins, possédait le mérite d’avoir une âme.
Finalement la déception prend le pas sur le plaisir visuel, et les nostalgiques n’en auront pas pour leur argent. Pour les autres en revanche, et notamment la nouvelle génération élevée à la 3D et aux Pokemon,
TMNT est sans aucun doute le meilleur moyen de plonger dans cet univers intemporel des Tortues Ninja.
Alain Martino