Critiques : Lions et Agneaux

    en DVD le 11 Juin 2008

Notre critique : Lions et Agneaux

    Volée de bois vert pour l’Amérique d’aujourd'hui

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema

    Mais quelle mouche a donc piqué l’Oncle Sam ? Lui qui adorait nous bombarder de fictions patriotiques doublées de pathos larmoyant depuis un certain 11 septembre, le voici qui se voit tirer un portrait loin d’être reluisant par un Hollywood qui se rebiffe plutôt sévèrement.

    Oubliés les Nous Etions Soldats et autres World Trade Center : une nouvelle vague de réalisateurs-scénaristes-acteurs a pris le pouvoir et colle son doigt là où ça fait mal. Fini le patriotisme aveugle, le temps est à la remise en question. Après l’énergique Le Royaume de Peter Berg et l’émouvant Dans La Vallée D'Elah de Paul Haggis, c’est au tour du cérébral Robert Redford de balancer un gros coup de pied dans le château de cartes guerrier de l’administration Bush.

    1, 2, 3, Redford joue à la marelle avec nos nerfs, imbriquant trois huis clos en temps réel. Trois ballets d’idées, trois bras de fer entre l’idéal des convictions et la réalité des faits. Pas tout à fait un film de guerre, Lions et Agneaux ressemble plutôt à un long-métrage mutant, à mi-chemin entre la démonstration politico-médiatique et l’appel désespéré au spectateur. Loin d’être frileux dans l’exercice, Redford se lance plus que personnellement dans le projet (réalisateur, il incarne également le professeur prêt à tout pour éveiller les consciences de ses élèves) et ne cache pas sa position sur l’échiquier politique actuel… de même qu’il ne rechigne pas au mea culpa.

    Film « bavard », Lions et Agneaux aligne les joutes verbales, parfois ahurissantes de vérité. C’est d’ailleurs à ce jeu que le long-métrage gagne la donne, grâce notamment au duel hallucinant entre la journaliste (Meryl Streep) et le sénateur (Tom Cruise, redoutable et diablement convaincant). Car si le professeur est désespéré de convaincre la tête de pioche qui lui sert d’étudiant et si les deux soldats sont sacrifiés sur l’autel de la démonstration, le bras de fer de Washington reste – de loin ! – le plus convaincant. Tout y passe : des mots matraqués mais vidés de sens (engagement, patriotisme, victoire, peur, etc.) aux troublantes interrogations sur les vraies raisons de la guerre, l’entremêlement des politiques intérieure et extérieure, l’équité sociale ou la faiblesse des médias ; les gifles volent dans tous les sens.

    Très vite, le spectateur se retrouve projeté à la place de cette journaliste qui aimerait croire qu’elle a un libre arbitre et un esprit critique, mais qui se prend rapidement dans la tronche qu’elle aussi a vendu cette guerre et qu’elle aussi a véhiculé la propagande qu’elle dénonce aujourd’hui. Petit à petit, les pires aberrations s’égrainent (« C’est confirmé par leurs démentis », un Axe du Mal toujours plus flexible, etc.) de la bouche de sénateur avec une régularité de marchand de mort.
    « Rome brûle ! », « Nous gagnerons, quoi qu’il en coûte ! »… Décidemment, on est vraiment curieux de connaître l’accueil du public américain à cette jolie fable…
    Eléonore Guerra

Critiques : Lions et Agneaux 1 étoiles

  • Studio Magazine (le pour)
    Studio Magazine (le pour)

    " (C’est) tellement rare qu’Hollywood ose assurer un film de paroles et d’idées, dans un box-office dominé par les films d’action "
    S.B. (article entier disponible dans Studio n°240, page 42)
  • Le Journal du Dimanche (le pour)
    Le Journal du Dimanche (le pour)

    " Son propos sur l’engagement sonne juste et sans mièvrerie."
    C.G (article entier disponible dans le Journal du Dimanche du 18/11/2007)
  • Télérama
    Télérama

    " Reste, heureusement, le formidable duo-duel auquel se livrent, dans un bureau au luxe impersonnel, le sénateur ambitieux et la reporter revenue de tout. "
    Pierre Murat (article entier disponible dans Télérama n°3019, page 55)
  • Les Cahiers du cinéma
    Les Cahiers du cinéma

    " Il ne se limite pas à filmer une auto-analyse. Il prolonge jusqu’à la cure."
    Eugenio Renzi (article entier disponible dans Les cahiers du cinéma n°628, pages 34-35).
  • Télé7Jours
    Télé7Jours

    " (…) davantage une réflexion sur l’Amérique d’aujourd’hui qu’un manifeste engagé."
    Julien Barcilon (article entier disponible dans Télé7Jours n°2478, page 130)
  • Les Inrocks
    Les Inrocks

    "(…)Lions Et Agneaux est plat comme un débat télévisé ORTF mélangé à un film d’action SFP des seventies."
    Serge Kaganski (article entier disponible dans Les Inrocks n°625, page 48)
  • Metro
    Metro

    " Lions Et Agneaux se noie dans son discours moralisateur et dans sa lenteur."
    R.H (article entier disponible dans Metro du21/11/07)
  • VSD
    VSD

    " Si l’intention est louable, le film reste maladroitement prisonnier de sa démonstration."
    O.B. (article entier disponible dans VSD n°1578, page 58)
  • Le Monde
    Le Monde

    " (…) les spectateurs vivant en dehors des frontières de l’Union sont une nouvelle fois invités à contempler la paille dans l’œil de la superpuissance. Ce qui ne suffit pas à compenser l’ennui qui vient très vite, dès que Tom Cruise et Meryl Streep ne sont plus à l’écran. "
    Thomas Sotinel (article entier disponible dans Monde du 21/11/2007)
  • Ouest France
    Ouest France

    " Il est rassurant de voir que le cinéma venu d'Outre-Atlantique ne se préoccupe pas seulement d'«entertainment » (…) tout ça est alléchant, sauf qu'il manque au départ un vrai scénario de cinéma. "
    (Article entier disponible dans Ouest France du 21/11/07)
  • Figaroscope
    Figaroscope

    " Un film qui repose sur les mots, le débat d’idées plutôt que sur l’action pure (…)."
    EMMANUÈLE FROIS (article entier disponible dans Figaroscope du 21/11/2007)
  • TéléCinéObs
    TéléCinéObs

    " (…) on aurait préféré que ce déferlement de dialogues et d’idées contradictoires relève davantage du cinéma que de la leçon de morale, fût-elle « de gauche ». "
    B.A. (article entier disponible dans TéléCinéObs n°2246, page 8)
  • CinéLive
    CinéLive

    "(...) le film n'est vraiment sauvé que par une interprétation et une mise en scène sans faille".
    Véronique Trouillet (article entier disponible dans CinéLive n°118, page 40)
  • Positif
    Positif

    " Lions et agneaux restera comme le témoignage précieux d’une époque (…)"
    C.V. (article entier disponible dans Positif n°562, page 56)
  • Première
    Première

    " (…) quand un film s’achève en demandant au spectateur s’il compte enfin agir pour changer le monde, la moindre des choses serait de le faire autrement qu’avec un discours d’amphithéâtre mou de la thèse."
    M.C. (article entier disponible dans Première n°369, page 38.)
  • Studio Magazine (le contre)
    Studio Magazine (le contre)

    " Il existe une tradition des films de dialogues dans le cinéma américain et vouloir la poursuivre est honorable. Mais elle requiert des échanges plus percutants ou moins lénifiants. "
    B.T. (article entier disponible dans Studio n°240, page 42)
  • Le Point
    Le Point

    " On ne doute pas des bonnes intentions de Redford, mais sa copie démocrate est trop démonstrative et bavarde. "
    F.-G.L. (article entier disponible dans Le Point n°1835, page 122)
  • L'express
    L'express

    " Vague impression que Redford prend les Américains pour des idiots à force de hacher menu le message. Franche certitude que le résultat ne prêche que des convaincus."
    Eric Libiot (article entier disponible dans L'express Mag n°2941, page 133)
  • Le Journal du Dimanche (le contre)
    Le Journal du Dimanche (le contre)

    " A l’arrivée, un film bavard, qui manie des concepts et des idées tout à fait nobles d’ailleurs, avec un didactisme soporifique."
    D.A (article entier disponible dans le Journal du Dimanche du 18/11/2007)
  • Elle
    Elle

    " (…) quel ennui d’écouter ce discours formaté, bien qu’il soit brillamment interprété par Tom Cruise (…) et par Meryl Streep. "
    Florence Ben Sadoun (article entier disponible dans Elle n°3229, page 46)
 

Avis des Spectateurs

Moyenne :  étoiles
37 avis 4 étoiles
13 avis 3 étoiles
23 avis 2 étoiles
25 avis 1 étoiles

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 71 409 entrées
  • Cumul IDF : 119 767 entrées

  • 1ère semaine France : 189 810 entrées
  • Cumul France : 318 534 entrées