Le patron d’une usine de Picardie offre de nouvelles blouses à ses employées mais le lendemain matin, elles trouvent une usine vide. Il a tout déménagé dans la nuit. Le peu d’indemnités qu’elles vont toucher va leur servir à se venger, mais elles ne comptent pas faire de procès ou quoi : elles vont faire tuer le patron par un pro. Et c’est Louise qui se charge de trouver le pro, un dénommé Michel, chef de la sécurité d’on ne saura jamais quoi…
Après
Aaltra et
Avida,
Benoît Delépine et
Gustave Kervern, les deux transfuges de Groland, reviennent avec
un troisième film de toute évidence plus accessible que les précédents. Cette poursuite, presque digne d’un polar, du patron voyou de l’usine de Picardie jusqu’à son domicile au paradis fiscal de Jersey est plutôt réjouissante et réserve de nombreuses surprises. Peut-être un peu trop d’ailleurs.
Une fois passée la présentation des personnages où l’on apprend que Louise s’appelle en fait Jean-Pierre et que Michel est en fait Cathy, le film suit tranquillement des rails, tout en tapant un peu sur tout. Il s’offre ces moments de « respiration » qui, même s’ils n’apportent pas grand-chose à l’intrigue en elle-même, permettent d’étendre l’univers du film et surtout de rire, dans la plupart des cas, de beaucoup de gens qui ne méritent que ça.
À ce titre, les caméos de
Mathieu Kassovitz en fermier 100% bio qui se chauffe avec ses excréments et
Benoît Poelvoorde en paranoïaque au dernier degré obsédé par l’idée qu’on nous cache la vérité sur le 11 septembre au point de rejouer l’attentat dans son jardin, sont particulièrement mémorables. L’apparition de
Philippe Katerine est par contre plus anecdotique mais on n’ira pas s’en plaindre. De toutes façons,
Yolande Moreau et
Bouli Lanners possèdent tellement l’écran qu’on peut parfois manquer certaines apparitions (
Albert Dupontel crédité au générique mais sans doute très furtif).
Les sujets abordés, hormis celui de la guerre contre les patrons qui devient assez commun (voir le récent
La Très Très Grande Entreprise), le sont rarement d’habitude et voir à quelles fins Michel utilise les malades en phase terminale est assez… original.
C’est d’ailleurs ce qui distingue Louise Michel de la concurrence : son originalité et sa volonté de ne jamais reculer. D’aller au bout de sa « connerie » et de ses convictions sans pour autant sacrifier son récit.
Nicolas Laquerrière