En voilà un premier film enthousiasmant… En voilà un film de jeunesse que l’on découvre avec émotion… plus de vingt ans après sa réalisation. Une émotion d’autant plus douce que le jeune réalisateur en question n’est autre que
Gus Van Sant.
En 1985, le jeune Gus décide d’adapter – à l’arrache – « Mala Noche » de
Walt Curtis, premier roman autobiographique d’un jeune homosexuel bohème. L’expérience est difficile à monter (absence de fonds et problèmes de distribution), mais formatrice. Van Sant se jette à corps perdu dans l’aventure et on l’en remercie.
C’est parfois idiot à dire, mais tout est là.
Homosexualité, jeunesse paumée, innocence ou gueules cassées, le tout, complètement décomplexé et servi par une photo Noir & Blanc tout simplement splendide et un jeu de montage audacieux. On pense beaucoup à
My Own Private Idaho et il y aurait bien pire comme comparaison… Premier roman coup de poing pour l’un, premier film sobrement flamboyant, libre et amoureux pour l'autre.
Non, la
Beat Generation n’est pas complètement morte.
Eléonore Guerra