Malabar Princess… Une pub pour le dernier chewing-gum à la mode qui fait des bulles roses et remplit les poches de nos chérubins dans les cours de récrés ? Pas vraiment ! "Malabar Princess" est en réalité le nom d'un avion indien qui s'est écrasé dans le massif du Mont Blanc il y a un demi siècle. Le choc du malabar dans le mont blanc, comme dirait le petit Tom. En ceci, le film a bien un point commun avec la célèbre marque de bubble gum : la cible. Chaque bambin un peu indiscipliné pourra facilement s'identifier à Tom, héros moderne de cette comédie pour enfant. Là où le petit du Secret des Frères Mas Cann va connaître la vie, celui de Malabar Princess va affronter la mort, et le traumatisme qui en découle. La disparition de sa mère est comme une cicatrice qu'il doit apprendre à refermer… De quoi faire pleurer dans les chaumières et plonger dans les sentiments contrefaits. L'histoire, mignonnette, gère mal ces envies de thérapie et de dénonciation, et les paysages de carte postale, parfois trop amateurs, dégagent une odeur de déjà vu et de souvenirs de vacances. Car
Gilles Legrand jette un regard attendrissant sur le monde de l'enfance mais tombe trop rapidement dans la démesure et le stéréotype. Adepte des fautes d'orthographes, champion des mauvaises liaisons et des inventions de mots, le personnage de Tom, malgré les efforts de l'acteur, finit par peiner, puis lasser. Pourtant, Malabar Princess ne s'en sort pas si mal. Même si, sans suspens et trop caricaturé il flirte souvent avec le comique et l'émotion facile, il est porté à bout de bras par
Jacques Villeret papy poule et
Claude Brasseur tonton un peu méchant mais juste ce qu'il faut. Deux acteurs qui véhiculent un plaisir et une joie de vivre communicatifs. En deux mots, Malabar Princess a plus la teneur d'un grand téléfilm plutôt que le goût d'un petit film.
Aurélie Maulard