Le Mexique, une terre de prédilection pour les kidnappeurs, un havre de paix pour les criminels, et le lieu choisi par le réalisateur
Tony Scott pour son nouveau long-métrage MAN ON FIRE. Le film trouve son inspiration dans des faits réels et établis : le Mexique se situerait aujourd’hui au deuxième rang mondial des enlèvements derrière la Colombie. Cette réalité effrayante sert de trame de fond au long-métrage, mais MAN ON FIRE raconte aussi l’histoire d’amitié, l’attachement profond entre un homme devenu amer et une petite fille souriante, enjouée, prête à tout pour faire de lui son ami pour la vie.
L’histoire du long-métrage de
Tony Scott est somme toute plutôt banale et un peu trop "cliché". John Creasy, ancien agent liquidateur de la CIA, écorché vif par son métier -celui de tuer-, n’arrive plus à faire face à la vie et noie ses désillusions dans l’alcool… Mais du jour au lendemain, le voilà projeté dans le rôle de bodyguard d’une petite fille de 9 ans, Pita Ramos, en plein Mexique. Si les débuts ne sont pas prometteurs entre ces deux êtres que tout oppose, un lien fort va peu à peu les unir.
Le long-métrage MAN ON FIRE ne crée pas la surprise. Le dénouement de l’histoire est d’ailleurs plus ou moins prévisible et rien ne vient choquer ou interpeller le spectateur. Malgré quelques rebondissements, les crescendo et les décrescendos du scénario, on ne retiendra finalement que la qualité de certaines scènes, filmées de façon très personnelle par le cinéaste. Certaines séquences sont ainsi ralenties, chaque instant est tourné avec soin et le réalisateur multiplie les gros plans, les flous et décuple de ce fait la signification profonde d’un geste, d’une émotion faciale, d’un objet, d’un regard, d’une attitude, d’un destin… Un travail minutieux a été mené pour remplacer les dialogues par des instants pris sur le vif par la caméra.
Le scepticisme prévaut cependant face à la portée d’un tel film, où la justice de l’homme l’emporte sur celle d’un tribunal et la mort devient la seule solution possible. L’acteur
Denzel Washington, qui joue John Creasy, ne manque pas d’audace mais il nous donne l’impression de n’avoir que trop de fois jouer ce genre de rôles. On notera toutefois la très belle performance de l’acteur
Christopher Walken qui fait encore ici honneur à sa carrière – même dans un tout petit rôle au dialogue limité – et de la toute jeune
Dakota Fanning, qui fait là des débuts prometteurs en jouant avec assurance les petites filles de 9 ans prise dans les griffes d’un enlèvement tragique.
Un long-métrage divertissant même s’il présente quelques longueurs et n’a pas la qualité des précédents films de
Tony Scott !
Sohini Gogel