Premier « film anglais » de l'éternel new-yorkais
Woody Allen,
Match Point marque un véritable tournant dans la carrière en demi-teinte du pourtant très talentueux cinéaste américain. Déçus par son dernier opus
Melinda Et Melinda, nous attendions en effet beaucoup de ce nouveau film. Et Londres a plutôt bien réussi au réalisateur qui, y trouvant visiblement très vite ses marques, nous offre un film digne de sa grande époque (années 80 avec
Crimes Et Delits, dont
Match Point se rapproche beaucoup).
Exit donc New York, Mahanttan, le jazz…. Ce film se déroule à Londres, dans un milieu bourgeois, sur un air d'opéra. L'Art - toujours présent dans l'œuvre d'Allen - est donc bien là, tout comme la bourgeoisie, au centre d'un scénario très brillant. Drame de la vie quotidienne, réflexion sur l'amour, le mariage, le travail, la passion, la folie… La vie quoi !
La resplendissante prestation de la jeune et toujours très prometteuse
Scarlett Johansson en ferait presque oublier les autres comédiens, pourtant irréprochables eux aussi. Pulpeuse, sensuelle, intrigante, elle sert parfaitement l'histoire et le film. Sa très forte présence à l'écran contraste avec la tendresse et l'émotion que laisse justement transparaître le personnage incarné par
Emily Mortimer. Entre elles deux un point commun, celui d'être une femme, souvent vue ici d'un point de vue quelque peu misogyne mais tellement bien présenté...
Une mise en scène jubilatoire dans un décor soigné, une photographie sublime jouant sur la luminosité si spéciale de la capitale britannique, où se promène une caméra gracieuse : C'est dans ce petit monde parfaitement maîtrisé que Woody fait évoluer ses personnages dans un scénario subtil et audacieux, jusqu'à sa dernière note.
Amélie Chauvet