Si vous avez du mal à imaginer comment peut-on associer à l’écran la crèche de Noël, un drame sentimental et un combat communiste, c’est normal, cela n’est pas très évident à première vue. C’est pourtant ce qu’a fait Robert Guédigiuan dans son nouveau long-métrage,
Mon père est ingénieur. Retrouvant pour l’occasion ses acteurs fétiches
Ariane Ascaride et
Jean-pierre Darroussin, le cinéaste marseillais nous offre une œuvre forte, originale et novatrice dans sa filmographie.
Loin de la comédie pure (
Marius Et Jeannette) ou de la comédie dramatique sur fond de problèmes de couple (Marie-Jo…), Mon père est ingénieur aborde tour à tour multitude de thèmes chers au réalisateur, qu’ils soient sociaux, sentimentaux, religieux ou politiques.
Le scénario du film fonctionne ainsi à un double niveau, montrant ses personnages sous deux points de vue. Celui de la religion, qu’ils ne suivent pas comme un engagement mais qui reste inconsciemment présent dans leur vie quotidienne, et celui de leurs convictions communistes, idées qu’ils suivent cette fois consciemment. Cette double association induit constamment le thème de l’engagement, qu’il soit politique, idéologique, religieux et/ou amoureux, et celui, parfaitement lié, de l’échec.
A côté de cette écriture soignée qui fonctionne bien à l’écran, il y a dans ce film une véritable recherche formelle, tant au niveau des mouvements de caméra que des décors ou de la mise en scène.
Originalités esthétique et scénaristique donc, qui font passer tout en douceur un scénario parfois tordu mais souvent poignant.
Amélie Chauvet