On vous l’accorde,
Morning Glory est loin de faire l’unanimité au sein de la profession. Il s’agit davantage d’un énième divertissement pour nanas que d’un chef d’œuvre du cinéma. Mais est-ce une raison pour ne pas lui trouver une petite place sur nos étagères ? La réponse est non…
Bien que ce ne soit pas, cette fois-ci, une adaptation du dernier best-seller de Lauren Weisberger (
Le Diable S’habille En Prada), Sophie Kinsella (
Confessions D'Une Accro Du Shopping) ou autre auteur de littérature pour gonz’, le film, écrit par
Aline Brosh Mckenna n’a rien à envier à ses pairs et n’en sort que plus fort. Et pour cause, la scénariste est l’auteur et adaptatrice de
Le Diable S’habille En Prada et
27 Robes, alors les films pour nénettes elle s’y connaît ! En créant des personnages originaux et touchants tout en les situant dans l’univers impitoyable de l’Entertainement, Mckenna est parvenue à nous raconter une histoire représentative du quotidien de nombreuses femmes, issues aussi bien du le milieu de l’audiovisuel que de celui de la communication.
Très respectueux de l’ambiance d’une rédaction, le film aborde le thème (qui marche bien au cinéma), de l’accomplissement de soi dans un environnement où la concurrence fait rage. Car, oui, Becky galère, mais Becky sait aussi ce qu’elle veut et prouve que lorsque l’on aime ce que l’on fait (et que l’on est pas au bord de la dépression), on est capable de beaucoup et surtout du meilleur (non ce ne sont pas les paroles d’une chanson…).
Mais si le milieu professionnel est le noyau du film, d’autres sujets viennent agrémenter ce petit divertissement. On sautera le chapitre de la romance entre la jeune femme et le producteur de documentaires brushingué (bien qu’ils soient très mignons tous les deux, leur relation n’est là que pour enrichir le propos et n’apporte au final pas grand chose). La relation principale qu’il faut retenir (et la plus émouvante) est celle entre Becky et Mike. La jeune femme, se prend en effet d’affection pour le grand Pomeroy qu’elle a idolâtré toute sa jeunesse. Malheureusement la bête n’est pas facile à amadouer et le « couple » connaît des débuts plutôt difficiles… Coupés des autres à force d’êtres obnubilés par leur travail, ces deux-là vont réaliser qu’ils ne sont pas si différents. Après moult désaccords, Fuller découvrira même que la troisième pire personne du Monde peut faire acte de générosité… De plus,
Harrison Ford en vieux grincheux mérite le déplacement.
Bon c’est un peu niais, on vous l’accordera, mais si vous laissiez une petit chance à
Morning Glory, il pourrait vous surprendre. Et qui sait ? Vous pourriez aimer…
Audrey Soto