Critiques : Narc

    en DVD le 18 Mars 2004

Notre critique : Narc

    Police, drogue et sang. Cocktail explosif pour résultat ultra violent

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema

    Narc. Le mot sonne bizarrement à l’oreille. Et intrigue quelque peu l’esprit. Narc pour narcotique, pour narcs, le surnom donné aux officiers du service des stupéfiants.
    Pour la descente dans les profondeurs abyssales des drogués, des dealers et de la violence urbaine. Le quotidien à l’américaine des policiers, des guns et des fucks, quelque peu caricatural, et malheureusement, trop prévisible.
    Beaucoup de bruit, beaucoup de fureur, de cris et de hurlements, et une série de flashs qui reviennent comme dans un mauvais rêve. Des jets de lumières syncopés, indistincts, trop rapides. Quelque peu perturbant, il faut l’avouer, pour suivre pas à pas le cours de l’histoire. Résultat, on s’approche plus de la fatigue visuelle que de l’effet esthétique. Ce dès la première séquence, qui n’aide pas à l’immersion totale : caméra à l’épaule, filtre bleu, course-poursuite infernale et images indigestes. On se croirait sur le grand huit avec un bon petit déj’ dans le ventre. Et les beuglements des personnes assises à côté qui vous percent les tympans.
    Au bout d’un quart d’heure, c’est nous qui avons envie de hurler. Hurler pour que ça s’arrête, et pour leur dire, s’il vous plait, on ne vous a jamais appris à PARLER? Mais rien n’y fait. On tire, on frappe, on s’insulte, on baigne dans une mare de sang, on compte les morts. Sans oublier une petite touche d’humour (bien noir) dans un monde de brutes (bien dures) : l’anecdote du black dans sa baignoire, qui fume sa drogue au canon de son fusil… en oubliant qu’il est chargé.
    Et puis, finalement, plus rien. Les flashs s’arrêtent, les cris aussi. Soulagement ? Pas pour longtemps. Car l’action se met, elle aussi, à l’arrêt. Et l’on se perd dans les méandres d’histoires annexes, on s’attarde sur les discours tristes et larmoyants sur ma femme qui est morte d’un cancer et cette petite fille que j’ai recueilli, et une autre voix qui en sanglotant annonce qu’elle s’en va parce qu’elle ne peut plus supporter ça, et un bébé beau comme un cœur qui pleure à chaudes larmes. A contre cœur, on ne peut s’empêcher de s’éloigner un peu de l’histoire. On essaye de recoler, de suivre, mais les discours attendrissant pour faire monter la petite larme finissent souvent par lasser. Trop d’action tue l’action… Mais pas assez tue l’intérêt. Et puis on sursaute, parce qu’elle revient sans prévenir, traînant derrière elle son boulet de sang, de coups, de flingues et de musique tapageuse.
    Le film prend enfin toute sa dimension. Les plans ingénieux, voire carrément expérimentaux que Joe Carnahan multipliait timidement tout au long de son film, tiennent alors une place à part. Les bribes que l’on nous assenait en flashs se reforment en un véritable puzzle énigmatique. Les témoins se multiplient, les versions s’opposent, les propos se contredisent. Mais où est la Vérité ? Comme Tellis, on piétine, on patauge dans une mare toute rouge. Interrogatoires musclés, et finalement, les révélations. Les aveux auxquels on s’attendait un peu, il est vrai, mais tant pis. Car les scènes de fin compensent mille fois les premières soixante minutes du film.
    Bref, passez outre la première séquence, oubliez les battements trop rapides de votre cœur, fermez les yeux si vous n’aimez pas la couleur du sang, bouchez-vous les oreilles si vous ne supportez pas le bruit de la chair que l’on frappe. Et ouvrez vos mirettes pour admirer la deuxième heure du film.
    Aurélie Maulard

Critiques : Narc 2 étoiles

  • Le Monde
    Le Monde

    "Le seul défaut de ce film tendu tient dans des afféteries stylistiques aussi inutiles que maladroites. (…) Ce sont des défauts mineurs en regard d'un film par instants remarquable, qui sonne comme une vraie découverte. "
    Samuel Blumenfeld (article entier disponible sur le site de Le Monde)
  • Chronic'art
    Chronic'art

    "A l’actif de Narc, une réalisation dynamique qui, si elle se complaît parfois dans une stylisation un peu puérile, tient la route d’un bout à l’autre du film. (…) Carnahan s’en tire haut la main, sans prétention ni humilité trop étriquée (…) "
    Vincent Malausa (article entier disponible sur le site de Chronic’art)
  • Première
    Première

    "La tension, qu'il installe dès la première image, ne retombe jamais. Son contrôle du film est total. (…) Certains jugeront son style ostentatoire, mais qui reprocherait à un jeune réalisateur de vouloir montrer ce qu'il sait faire ? "
    Christian Jauberty (article entier disponible dans Première n°317, page 44.)
  • CinéLive
    CinéLive

    "Car tout se joue dans l'ambiguïté des personnages, surtout celui de Oak, incarné par un Ray Liotta massif, tout à tour effrayant de brutalité et émouvant de solitude."
    Marc Toullec (article entier disponible dans Cinélive n°70, page 52)
  • Studio Magazine
    Studio Magazine

    "Ce qui pêche ici, c'est le scénario, dont Carnahan est aussi l'auteur. Il n'a, hélas, pas le talent de Tarantino, ni même de celui de Curtis Hanson, pour jouer avec les clichés du polar."
    J.M. (article entier disponible dans Studio Magazine n°191, page 27)
  • Libération
    Libération

    " Narc se distingue par son scénario à la James Ellroy implacablement désespéré mais souffre d'une mise en scène en toc dont les tics plombent ce qui aurait pu être l'une des bonnes surprises de l'été."
    Alexis Bernier (article entier disponible sur le site de Libération)
  • Télérama
    Télérama

    "Légèrement répétitif, c'est le défaut de ce premier long métrage prometteur. Fait de fausses pistes, de traques, de tabassages. Long périple de plus en plus sonore et hystérique, comme si, (…) chacun ne pouvait qu'y sombrer."
    Pierre Murat (article entier disponible sur le site de Télérama)
  • Les Cahiers Du Cinéma
    Les Cahiers Du Cinéma

    "Narc est un film policier simple, sans grande envergure, mais efficace. La facilité avec laquelle Joe Carnahan (…) se range à des valeurs morales carrées, l'intérêt sincère qu'il porte à ses personnages, (…) fournissent au film ses meilleures armes."
    Mia Hansen-Love (article entier disponible dans Les cahiers du cinéma n°581, page 90).
 

Avis des Spectateurs

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