Alain Attal, producteur de MON IDOLE, retrouve
Guillaume Canet et
François Berléand dans sa nouvelle production, dont il est également le co-auteur, NARCO. Pas étonnant donc de retrouver l’univers décalé et original qui déjà été l’une des qualités essentielles du film de Canet. A la réalisation, Tristant Aurouet et
Gilles Lellouche, surtout connus pour leurs clips (Pourquoi Passkeu, Pascal Obispo, NTM, Sidaction, etc.) et publicités (France Telecom, Mc Donald’s, etc.), et dont c’est le première long-métrage. La marque de fabrique " clipée " est d’ailleurs très présente dans ce film, notamment dans les scènes où Gus (
Guillaume Canet) rêve. Car Gustave Klopp de son vrai nom est atteint d’une maladie rare : il est narcoleptique. Il s’endort n’importe où, n’importe quand. Et lorsqu’il dort, il rêve. Mélange de science-fiction, d’hallucinations et de grosses scènes de films d’action américains de série B, ses rêves nous sont retranscrits dans des séquences aux nombreuses références à la pub et au clip.
Autre univers, la réalité, celle de la vie quotidienne de Gus avec sa femme Pam (
Zabou Breitman), tout aussi étrange. C’est là, lorsqu’il est éveillé et qu’il cherche un sens à sa vie, qu’il décide de raconter ses rêves en bande dessinée. Il confie notamment cette idée à son meilleur pote Lenny Barr, grand fan de
Jean-claude Van Damme et "meilleur karatéka du monde"… enfin au moins de son gymnase, incarné par
Benoît Poelvoorde. S’il nous fait toujours autant rire avec ses situations grotesques et ses phrases hilarantes, ce personnage de looser n’est pas sans rappeler un certain Bernard Frédéric (
Podium), voir un prof de natation (
Rire Et Chatiments) ou un VRP (
Les Portes De La Gloire). Bref, on regrette que les rôles donnés à cet acteur plein de talents soient finalement toujours dans le même registre.
S’il nous offre de bons moments de rigolade, de belles rencontres insolites entre comédiens, et une histoire aussi improbable qu’originale, NARCO risque fort de ne pas marquer plus que ça les esprits, mais laisse présager un second film tout aussi décalé et peut être plus abouti.
Amélie Chauvet