Abel et Rémi sont deux amis inséparables qui ne recherchent finalement qu’une seule chose : l’amour mais chacun de façon différente… OSMOSE est le deuxième long-métrage de
Raphaël Fejto et c’est un véritable succès. Entre humour, délire et glande, bienvenue dans la conversation de deux jeunes hommes en mal d’affection !
Abel accumule les numéros de téléphone, séduit les filles les unes après les autres et regrettent toujours ensuite de ne pas trouver la personne idéale. Mais pour l’instant, il profite de son année sabbatique… à une terrasse de café (au grand désarroi de ses parents). Quand il a besoin de se confier à quelqu’un, de raconter son mal de vivre, il appelle Rémi. Mais ce dernier n’arrive pas vraiment à l’aider. Fou de jalousie, Rémi désespère de comprendre sa petite amie et les femmes en général. Il se cherche : est-il plutôt cool ou grunge et doit-il vraiment s’acheter une nouvelle paire de baskets? Les deux meilleurs amis décident un jour de prendre l’air, de s’en aller pour peut-être mieux prendre du recul et les voilà comme des enfants au bord de la mer. En bref : une belle histoire d’amitié entre deux gars un peu paumés !
Le cinéaste
Raphaël Fejto raconte sa propre histoire et sa jeunesse passée en compagnie de l’acteur
Romain Duris. Tourné avec les moyens du bord, en caméra DV et avec des amis - dont bien sûr
Romain Duris - OSMOSE est un film sincère, intime qui raconte l’histoire d’une conversation dont le sujet principal et récurrent est celui des filles. Aucun dénigrement de la personne féminine, simplement des interrogations… Comment les comprendre ?
Raphaël Fejto donne vie à OSMOSE de façon simple. Les cartons qu’il utilise permettent de rythmer et de découper les scènes tout en ayant un soucis d’homogénéité. Sa façon de filmer confère au long-métrage une certaine originalité sans jamais trop en faire…
Romain Duris et
Clément Sibony qui jouent respectivement Rémi et Abel, représentent la jeune génération talentueuse d’acteurs français, à la fois délurés, décontractés et professionnels… Le tout donne au final un concentré incroyable d’humour. D’ailleurs les rires fusent dans la salle !
On regrette cependant que l’histoire de Lucie (
Mathilde Bertrandy) ne soit pas plus profondément travaillée. Le cinéaste n’exploite pas assez les troubles ressentis par la jeune femme qui tente par tous les moyens de ne pas s’avouer l’amour qu’elle éprouve pour Fab (Rachid Djaidani). La part du film qui se focalise sur la jeune fille est trop inconsistante,
Raphaël Fejto aurait dû étoffer la différence culturelle qui oppose Lucie à Fab : il aime la boxe et elle préfère les expositions et l’art abstrait…
Quoiqu’il en soit, un film plein d’authenticité et de vie. Et lorsque le générique de fin survient, on est convaincu d’avoir vu ce que l’on appelle un bon film.
Sohini Gogel