La mauvaise blague de ce début d’année
Imaginez…
Régis Wargnier (réalisateur du très bon
Man To Man) aux commandes de l’adaptation d’un thriller signé Fred Vargas et servi par un casting réunissant quelques uns des grands noms du cinéma français. Imaginez
José Garcia (qui n’en finit plus de démontrer toute l’étendue de son talent) en flic fatigué,
Michel Serrault (
no comment) en prof cassé,
Lucas Belvaux,
Olivier Gourmet,
Marie Gillain ou encore
Nicolas Cazalé. Bref, imaginez un peu le tableau alléchant. Vous y êtes ?
Maintenant, oubliez tout car une fois face au très attendu
Pars Vite et Reviens Tard, la déception risque d’être grande… A moins que vous n’admettiez l’idée que
Monsieur Wargnier a décidé de vous faire une blague. Une mauvaise blague.
On avait somptueusement décrié (assassiné) le
Da Vinci Code de Ron Howard ?
Pars Vite… pourrait aisément et rapidement se targuer de la même réputation. Que diable a-t-il pu se passer pour qu’un projet d’une telle envergure – et auquel on avait envie de croire – se casse la figure à ce point ?
Car c’est bien de dérapage dont il s’agit. Une mise en scène soignée, mais vite pompeuse, une bande-son ampoulée, etc., dès les premières minutes, on tique un peu. Qu’importe, les acteurs n’ont pas encore abattu leurs cartes se dit-on… Ah ben si en fait. On le regrette vite. On leur en voudrait presque si on ne les voyait pas - livrés à eux-mêmes - se noyer dans les méandres d’un scénario inepte aux rebondissements tantôt complètement parachutés, tantôt courus d’avance. On n’ose même pas parler du dénouement grotesque qu’on nous inflige. Ne cherchez pas non plus la substance du roman, elle est restée au fond d’un obscur tiroir.
Pars Vite et Reviens Tard ? Et oui ami spectateur, tout est dans le titre.
Eléonore Guerra