Ce petit film d’été de pirates et marins d’eau douce nous promettait à l’avance un bon moment d’aventure, d’action, plein de boulets de canons et autres flibusteries en tout genre. Mais là, le résultat dépasse toute espérance. Les pirates des autres bords n’ont qu’à bien se tenir. Comme dans l’attraction phare des parcs Disney, on fait la queue à l’entrée, on s’assoie dans un bateau souvent déjà plein d’eau, et, s’accrochant à la barre, on se laisse porter par les flots. On s’attend à atterrir quelque part entre deux navires et être peut-être un peu éclaboussé, si l’on a de la chance, par les quelques remous provoqués par un boulet perdu. Mais là, quelqu’un a hissé la grande voile, tiré les écoutilles, quelqu’un qui nous embarque de gré ou de force sur les mers exotiques de son film. Et ce quelqu’un, c’est
Gore Verbinski. Un cinéaste qui jusque-là n’avait pas eu la chance de pouvoir montrer toute l’étendu de son talent… Et qui nous offre ici son meilleur film, quelque part entre
Hook,
Indiana Jones Et Le Temple Maudit et
La Momie, bercé par une musique majestueuse de
Klaus Badelt, parfois presque personnage à part entière.
Et l’on apprend du même coup que
Orlando Bloom sait aussi bien manier les armes à feu des flibustiers que les arcs elfiques, que
Geoffrey Rush aime les pommes et qu’il porte très bien le dentier. Et que surtout, surtout,
Johnny Depp reste sans conteste l’un des acteurs les plus doués de sa génération. Sans mentir. Déjà touchant avec des ciseaux aux bouts des doigts, stupéfiant les cheveux longs et condamné à mort, prodigieux dans son costume de faux bourgeois vraiment trouillard devant un corps sans tête, le voilà tout simplement merveilleux en chasseur des mers sans peur et sans reproche. Un rôle qui lui colle à la peau comme le crochet du capitaine du même nom, comme le prouve son entrée majestueuse, fier du haut de son bateau, les yeux maquillés et les locks décorées, chapeau vissé sur la tête, épée au fourreau et pistolets bien chargés.
Beaucoup d’humour tant les gags sont bien joués, un peu de peur tant les effets spéciaux sont réussis, un peu d’amour et beaucoup de baston, tel semble être le cocktail visé et réussi de Pirates des Caraïbes. Un cocktail juste assez sucré pour réveiller la petite lueur d’enfant qui sommeille en chacun de nous. Alors, on en prend plein les oreilles, la tête, les bras, les jambes. Plus rien ne répond, si ce n’est les yeux. Alors on contemple le véritable spectacle qui se déroule devant nos mirettes écarquillées. De quoi donc ravir les amateurs du genre et tous les autres, les jeunes et les moins jeunes, les marins et les pirates, le père de famille, les enfants de 35 ans, et les petits de 10. Du grand spectacle. Un chef d’œuvre d’humour et d’aventure. Un rêve éveillé.
Prêt pour l’abordage ?
Aurélie Maulard