Critiques : Plus tard, tu comprendras

    en DVD le 01 Juillet 2009

Notre critique : Plus tard, tu comprendras 3 étoiles

    Un film pudique sur une tragédie historique et familiale

  • Comme Au Cinema
    Comme Au Cinema

    Dans Plus tard, tu comprendras, Amos Gitai s’attaque au sujet douloureux de la Shoah. De la douleur et de la perte que ce moment de l’Histoire a créées chez de très nombreuses personnes. Le meilleur moyen de comprendre les blessures irrémédiables de la déportation, c’est d’en observer les conséquences sur plusieurs générations. Ici, sur trois d’entre elles.

    Le sujet reste malgré tout sensible. Il faut beaucoup de délicatesse et de pudeur pour éviter de tomber dans une caricature de film dramatique et larmoyant. Tout le film repose sur l’opposition entre Jeanne Moreau et Hyppolite Girardot. Elle ne veut pas parler de ce qui s’est passé, parce que la douleur ne peut être décrite par des mots, et que le seul moyen de survie, pour elle, est le silence. Pour son fils, la Shoah a créé un manque identitaire. Il doit combler le vide qu’a laissé en lui la déportation et l’assassinat de ses grands-parents par la connaissance de ce qui est arrivé.

    Un des thèmes principaux du film pourrait être la mémoire comme repère identitaire. Jeanne Moreau ne peut oublier et reste hantée par ce qui s’est passé. Hyppolite Girardot (remarquable) ne connaît pas la vérité et a besoin de comprendre, de faire un travail de deuil qui passe par la compréhension de la tragédie familiale. A fleur de peau, il pose des questions muettes à Jeanne Moreau, qui y répond par un silence lourd et obstiné. Mais on peut toujours faire confiance à l’actrice pour instiller l’émotion sans un mot. Toute la douleur se lit sur son visage, qui s’assombrit subrepticement, ou grâce à un geste suspendu pendant une seconde.

    Fidèle à lui-même, Amos Gitaï utilise une mise en scène en longs plans séquences et travellings, qui permet au temps de s’étirer, parfois de s’arrêter. Le mouvement est donné par les déplacements des comédiens, souvent en intérieur. Lorsqu’ils sont en extérieur, ils sont enfermés dans les rues, comme lors de la scène d’ouverture où Hyppolite Girardot marche dans le labyrinthique mémorial de la Shoah, symbole du parcours qu’il devra lui-même effectuer pour tenter d’obtenir les réponses à ses questions.

    Si les personnages sont enfermés, c’est pour symboliser la prison de la mémoire. L’appartement de Jeanne Moreau possède une décoration surchargée, qui résulte de l’accumulation de tous les souvenirs qu’elle possède. Souvenirs qu’elle ne partage pas forcément. A côté, celui d’Hyppolite Girardot est beaucoup plus impersonnel, car lui n’a pas trouvé les réponses qu’il recherche. Parfois, la mère et le fils ouvrent la fenêtre, pour s’imprégner de l’air et du monde extérieur, afin de mieux refouler les questions ou les souvenirs douloureux qui les assaillent.

    La caméra se contente d’observer les personnages, sans porter de jugement, sans user de plans ou d’artifices à but pathétique. Tout en intériorité, le film puise sa puissance dans l’évocation d’un sujet toujours douloureux et poignant (la Shoah), qui se mêle ici à une tragédie familiale, portée par de merveilleux acteurs.
    Anne-Louise Echevin

Critiques : Plus tard, tu comprendras 2 étoiles

  • Studio Magazine
    Studio Magazine

    " Réflexion sur la mémoire en forme de puzzle familial."
    T.C. (article entier disponible dans Studio n°253, page 39)
  • Le Nouvel Observateur
    Le Nouvel Observateur

    " Une réussite majeure, (...) d'un cinéaste inspiré et d'une interprétation exceptionnelle. "
    Pascal Mérigeau (article entier disponible dans Le Nouvel Observateur n°2306, page 90)
  • Les Inrocks
    Les Inrocks

    " Film plein d’ellipses significatives et de non-dits parlants, généreusement ouvert aux pensées de chaque spectateur, (…) donne à ce motif de la béance une forme discrètement virtuose et subtilement émouvante. ."
    Serge Kaganski (article entier disponible dans les Inrockuptibles n°686 page 46)
  • Positif
    Positif

    " On dit parfois le cinéma d’Amos Gitai trop théorique, dénué d ‘émotion. Les pastels sombres de la chef opératrice Caroline Champetier, la prunelle de Jeanne Moreau qui se mouille, ses rides qui s’ouvrent pour sourire prouvent, ici, le contraire."
    Fabienne Baumann (article entier disponible dans Positif n°575, page 46)
  • Le Point
    Le Point

    " Mis en scène avec élégance et formidablement interprété par Jeanne Moreau, un des films les plus simples (et les plus beaux) réalisés par Gitaï ces dernières années. "
    O.D.B. (article entier disponible dans Le Point n°1896, page 92)
  • Le Monde
    Le Monde

    " La réussite du film tient à la fois à un sujet fort, qui confronte le personnage principal à des questions existentielles profondes, et à une forme, celle de l'enquête, propice à soutenir l'intérêt du spectateur. "
    Amos Gitaï (article entier disponible dans Monde du 21/01/2009)
  • Télérama
    Télérama

    " Les temps morts du récit (un défaut récurrent chez Gitai) n’empêchent pas l’émotion, portée par l’interprétation sensible de Jeanne Moreau et d‘Hippolyte Girardot."
    (article entier disponible dans le Télérama n°3080 page 49)
  • Le Figaro
    Le Figaro

    "Le film met en scène le silence d’une vieille dame juive (…) et Jeanne Moreau donne à ce mutisme une douleur et une dignité farouches."
    (article entier disponible dans Le Figaro du 22 janvier 2009)
  • Les Cahiers du Cinéma
    Les Cahiers du Cinéma

    " (...) le résultat répond impeccablement à la commande, celle d'un téléfilm de prestige, traitant avec gravité et délicatesse de thèmes graves et délicats (...). "
    Jean-Michel Frodon (article entier disponible dans Les Cahiers du cinéma n°641, pages 36-37)
  • L'express
    L'express

    " La comédienne fait passer de beaux moments sur la transmission du savoir, mais le récit, changeant de point de vue, en devient chaotique et inefficace."
    J.W. (article entier disponible dans L'express Mag n°3003, page 15)
  • Libération
    Libération

    " (...) cette parabole entre secret de famille et déni d'Etat finit par revêtir l'apparence d'un drame de la grande bourgeoisie. "
    Bruno Icher (article entier disponible dans Libération du 21 janvier 2009)
  • TéléCinéObs
    TéléCinéObs

    "Pudique et bouleversant (…), un film d’une exigence extrême."
    H.P. (article entier disponible dans Le Télé Ciné Obs n° 2307 page 12)
 

Avis des Spectateurs

Moyenne :  étoiles
18 avis 4 étoiles
10 avis 3 étoiles
10 avis 2 étoiles
11 avis 1 étoiles

Box-office au 12 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 2 280 entrées
  • Cumul IDF : 3 231 entrées

  • 1ère semaine France : 3 641 entrées
  • Cumul France : 7 387 entrées