A quelques mois des présidentielles dans notre beau pays, voici qu'un long-métrage sobrement intitulé
Président vient titiller nos cartes d'électeurs dans les salles obscures. Etrange, me direz-vous… Mais Françaises, Français, rassurez-vous,
Lionel Delplanque et
Albert Dupontel vous ont compris :
Président n'est pas une campagne cachée pour Sarko, Lang ou autre Ségolène… Loin de là. Il viendrait plutôt salir le drapeau et l'Elysée de quelques traces de sang et de souillures quasi indélébiles.
Ce n'est un secret pour personne, la politique est loin d'être la préoccupation première des Français. Le cinéma, un peu plus. Mais un film politique… Ca a toujours de quoi faire peur. Surtout si c'est le deuxième long-métrage d'un réalisateur a qui l'on doit uniquement
Promenons-nous Dans Les Bois. Et pourtant,
Albert Dupontel en Président, on a envie d'y croire.... Et on y croit. La carrure, la prestance, le regard, les gestes… Tout est incroyablement juste, et l'on aurait presque du mal à s'imaginer que c'est le même acteur, qui, il y a quelques mois, jouait un SDF sniffeur de colle.
"Monsieur Dupontel, vous n'êtes pas le meilleur, vous êtes le seul".
Les historiens, ceux qui s'y connaissent un brin (ou ceux qui auront lu les notes de prod), reconnaîtront dans certaines scènes, certaines répliques, certains gestes, la vraie vie de nos politiciens passés. Mais la force de
Lionel Delplanque est surtout d'avoir fait un film incroyablement réaliste sur les coulisses du pouvoir, ce qu'offre et permet vraiment le pouvoir. Ce que l'on peut se permettre, cacher, oublier, mettre de côté si l'on est le premier homme du pays, les stratagèmes, les tromperies, les magouilles et compagnie. Et comment le pouvoir peut transformer un jeune idéaliste rêvant de changer le monde… Tout ça, en gardant dans le coin de la tête que son
Président devait rester divertissant et insolent juste comme il faut. Pari osé et plus que réussi, car le réalisateur badigeonne de vitriol ses scènes, ses répliques (
"N'oubliez pas que vous parlez à des veaux"), voire même, sa pellicule.
On en sort bluffé, désabusé, et un peu sonné. Nul doute que ce Président va s'offrir une ribambelle de détracteurs. Mais on a tellement peu l'occasion de parler d'un
film politique français engagé… et très réussi qu'il faut en profiter. Vous savez pour qui voter le 20 septembre…
Aurélie Maulard