Ca commence comme
Les Randonneurs… et ça dérape comme un numéro de l’émission
Confessions Intimes.
On prend une bande de potes partant camper un week-end et qui, malgré l’apparente bonne humeur ambiante, traînent chacun leur quota de casseroles bien galères : le couple en crise, le père divorcé, la bonne copine amoureuse du mauvais garçon, le mauvais garçon en question, le copain thésard coincé et amoureux de la bonne copine amoureuse du mauvais garçon (vous suivez toujours ?) et le pote qui a mal tourné (comprendre « tôlard »).
On ajoute ensuite une bonne dose de crise de la mi-trentaine (oui, oui, ça existe) servie par un groupe déjà bien rôdé dans le genre (
Kad Merad,
Bruno Solo,
Valérie Benguigui) et habitués aux joutes verbales cinglantes. Saupoudrez, pour finir, de l’éternelle question de l’ « Amitié » : jusqu’où peut/doit-on aller ? Doit-on dénoncer un ami hors-la-loi ou le soutenir coûte que coûte même s’il est dans son tort ? Cruel dilemme…
Oui, bon, pas de quoi défriser la moustache de Platon non plus… On est dans une comédie avant tout et tout est (plus ou moins) bien qui finira bien. C’est d’ailleurs là que
Pur Week End pêche. Sans compter que le film de bande présente fondamentalement un problème d’équilibre pas toujours évident à restituer : soit le groupe phagocyte l’individu, soit les histoires personnelles parasitent la dynamique et cassent le rythme à l’écran.
Avec toutes les qualités qu’il peut avoir,
Pur Week End tombe joyeusement dans les deux écueils provoquant régulièrement des baisses de rythme évitables. N’empêche, si on consent à fermer les yeux sur ces bégaiements (et sur un happy end honteusement parachuté), le film d’
Olivier Doran renferme suffisamment de légèreté pour vous faire passer une après-midi tranquille entre potes.
Eléonore Guerra