Film vu : Pusher 1
Réalisé en 1996,
Pusher 1 est le premier film de ce qui deviendra la trilogie
Pusher. Ce premier acte raconte l’histoire de Franck, un trafiquant de drogue qui ne peut plus faire face à ses dettes. Dans
Pusher 2 (2000) on retrouve Tonny, l’ancien acolyte de Franck, qui retourne auprès de son père ; et
Pusher 3 (2005) revient sur le personnage de Milo, l’ancien supérieur de Franck, qui essaie de se désintoxiquer. Les trois films de la trilogie sur la criminalité débarquent sur les écrans français simultanément le 26 juillet.
Tout commence donc dans
Pusher 1, le premier film de
Nicolas Winding Refn, durant lequel le spectateur suit Franck dans son quotidien. Pendant une semaine, il accompagne le personnage pas à pas dans ses activités de pusher (traduisez « dealer »). Les rencontres se font pendant les bagarres, au milieu de la nuit quand il se shoote mais aussi dans ses histoires de cœur et ses mésaventures « professionnelles ».
Le spectateur entre directement dans l’univers du personnage mais à la fin du film, il se rend compte que personne ne connaît pas vraiment Franck. Tout le monde a compris qu’il était pris au piège dans le milieu de la drogue et qu’il ne pouvait pas s’en sortir. Pourtant chacun ignore sa réelle personnalité et ses futures aspirations.
L’histoire ne parle pas seulement de la criminalité, la drogue ou la violence mais elle présente surtout les personnes qui composent ce milieu. À travers Frank, on entrevoit différentes sphères de la drogue : des camés les plus minables jusqu’au vrai trafiquant de drogue et ses hommes de mains. En montrant les bas-fonds de ce milieu,
Nicolas Winding Refn, le réalisateur va au bout de son intention. Il ne le présente pas comme prolifique et merveilleux mais plutôt comme un engrenage qui conduit à une descente aux enfers inévitables. En immergeant le spectateur dans le monde des trafiquants de drogue, il le dégoûte de tout cet univers.
Dans
Pusher 1, les séquences sont souvent filmées caméra à l’épaule.
Nicolas Winding Refn a pour but de suivre le personnage dans ses actions mais le résultat donne une ambiance trouble (qui peut adhérer au propos) et surtout une image flottante. Peu à peu, le film perd donc le spectateur à cause de la trop grande mobilité de la caméra et aussi peut-être à cause de la façon de filmer un peu trop rude.
Emilie Chamoreau