On aura tout dit sur ce film depuis plusieurs années…
Sylvester Stallone qui remonte sur le ring à 61 ans… Le sixième opus d’une saga légendaire mais dépassée… Le retour d’une légende mais la peur inéluctable qu’elle s’écroule en se tapant la tête contre le poteau du ring au premier round. On aura tout dit. Ou presque. Parce que l’on avait oublié une chose, une petite chose : qu’il pouvait être très bon. Et, incroyablement, inéluctablement, étonnamment… C’est le cas.
Alors, oui, je le crie haut et fort : ce
Rocky Balboa est une perle du genre. Parce qu’en sortant de la salle, on a cette rage de vivre qui nous transcende de part en part, cette envie folle de se battre pour s’en sortir, de tout faire pour réussir et d’aller au bout de ses rêves. Ca a l’air cliché, comme ça, ça l’est sans doute. Mais un film qui donne la patate à ce point-là, ça ne court pas les cinémas ces derniers temps… Et ça fait un bien fou. Parce que Rocky, c’est un peu nous, un peu vous, un peu votre papa, votre voisin, celui avec qui vous avez grandi et à qui vous pensez en montant au pas de course les marches de votre escalier. Et c’est surtout Stallone, acteur mythique, mais - pardon pour les fans dont je fais partie - un peu has-been, qui revient dans les gants de celui qui lui colle à la peau depuis des années et qu’il essaye de fuir depuis presque vingt ans. Et sortez les cotillons et les statuettes, c’est avec panache et brio que l’acteur / boxeur / réalisateur revient sur le devant de la scène.

Parce que finalement, ce Rocky-là renoue avec ses origines, à tout ce qui avait fait la force et la légende du premier
Rocky. L’humilité, la générosité, la tendresse… L’humanité. Car Stallone a réussi le pari de raconter, non pas un énième film sur la boxe et ces mââââles en puissance, mais l’histoire d’un homme qui a vieilli, délaissé par son fils et privé de sa moitié. Un homme qui garde des miettes de légende en racontant ses exploits dans son resto ou en posant sur des photos un peu ringardes, et qui décide, un jour, de remonter sur un ring, parce qu’il a cette bête en lui qui le crève et l’empêche de vivre.
C’est ça, l’esprit de Rocky, l’histoire d’un mec ordinaire qui se dépasse pour devenir extraordinaire.
Sans doute quelques grincheux trouveront toujours quelque chose à redire, à rire ou à sourire, mais ce long-métrage brille par sa sincérité, par l’intelligence de sa mise en scène et l’émotion qui se dégage de ses personnages, par son atmosphère enivrante et ce scénario facile mais bien ficelé. Et l’on prend tout ça en pleine poire à la vitesse d’un uppercut bien placé. Alors dès les premières secondes, nous voilà sonné, pris de vertiges, et l’on s’entend crier "Rocky, Rocky !" lorsqu’il rentre enfin dans ce stade pour jouer le match de sa vie, pour mettre un point final en forme de feu d’artifice à une légende qui n’en rêvait pas autant. Des cris qui résonnent encore, longtemps après être sorti de la salle…
"Rocky, Rocky, Rocky"…
Aurélie Maulard