Angelo court et pense en même temps. Emmitouflé dans son sweat à capuche noir, il fait son jogging et raconte sa vie. Elle pourrait se résumer en un seul mot : la boxe. Habitué à recevoir des coups depuis son plus jeune âge, la violence appartient à son quotidien. Désormais il n’aspire qu’à une chose, participer enfin à un premier combat officiel. Mais son caractère trop explosif va l’en empêcher. Incontrôlable, il ne retient pas sa force lorsqu’il frappe au visage celui qui lui a pris sa place. Résultat : 6 ans de prison. Et toute une vie à reconstruire…
Il suffit de connaître un peu le free-fight (ou K-1 dans sa version officielle), ce sport brutal combinant de nombreuses techniques de combat, pour savoir que même en s’entraînant pendant des mois,
Clovis Cornillac ne parviendra jamais à la cheville du plus mauvais des combattants de la discipline. Dans l’arène où tous les coups sont permis, le physique domine et ce sont les grosses « mules » qui l’emportent, en tout cas le plus souvent. Le comédien n’a pas vraiment le physique de l’emploi et ce manque de crédibilité représente le défaut principal du second long-métrage de
Julien Seri.
Dommage, puisque dans le fond, l’histoire d’Angelo est touchante. Le spectateur se laisse prendre au jeu pendant la première demi-heure, suivant avec émotion les déboires de cet homme à la simplicité attendrissante. Jusqu’au moment où, crâne rasé à blanc et regard énervé, il commence les combats. Si les premiers adversaires semblent à la portée de Clovis Cornilllac, le film touche le fond lorsqu’il doit affronter Elias, interprété par le double champion du monde de K-1
Jérôme Le Banner (1m90, 120 kg). Une sorte de David contre Goliath contemporain sur un ring, dont l’issue possède un goût d’inachevé.
Pour un long-métrage qui se veut le premier à montrer des combats de free-fight, on est en droit de s’attendre à une réalisation explosive, où chaque geste semble réel, où l’impact d’un tibia sur un autre claque, où le son d’un coup de coude dans les tempes se mue en acouphène, où la vision d’un membre cassé provoque une douleur aigue. Malheureusement aucune de ces sensations n’arrive dans
Scorpion. Le spectateur s’ennuie. Il assiste dépité au dénouement joyeux qui clôt l’œuvre cinématographique. Non décidemment, ce scorpion ne pique pas.
Alain Martino