Comme d’habitude chez
Michel Gondry, à peine le film commencé, on plonge telle Alice suivant le lapin blanc, dans le trou sans fond de son imagination.
Il nous a toujours donné l’impression qu’avec trois bouts de ficelle, du carton et pas mal d’idées, tout le monde pouvait faire un film. Dans
Soyez sympas, rembobinez il nous le prouve avec ses personnages, Mike et Jerry, bien décidés à faire, à leur manière, le remake de quelques blockbusters hollywoodiens…
Michel Gondry, bien évidemment, prend plaisir à se mettre en abyme en réalisant ces petits films, à nous promener dans l’histoire du cinéma avec humour. Mais même si
Soyez sympas, rembobinez donne l’impression d’être un film un peu brouillon, ne nous y trompons pas. Le plus américain des réalisateurs français maîtrise parfaitement son sujet, sa mise en scène, et sa direction d’acteur.
Jack Black et
Mos Def forment un duo digne de l’âge d’or des comédies hollywoodiennes, toujours burlesque sans jamais tomber dans le ridicule, dégageant une énergie communicative.
Cette énergie est au service du film, mais sert aussi le propos de
Michel Gondry. Car il ne s’agit pas seulement de refaire des films pour le plaisir, mais de partager ce plaisir.
À l’instar des adaptations de Wayne Wang,
Smoke et
Brooklyn Boogie,
Michel Gondry place le lieu, ici le vidéo club
Be kind rewind, - titre original - au cœur de son film. Lieu de passage, de rencontre où se mélangent les générations et les communautés, il fait la cohésion de ce petit quartier du New Jersey, il est garant de sa mémoire et en cela, indispensable. C’est avec une naïveté assumée que le cinéaste nous passe le message de l’importance d’une vie communautaire face à l’individualisme ambiant, et c’est drôlement efficace.
Une des clientes du vidéo club, fan de la première heure des nouvelles versions réalisées par Mike et Jerry, porte à un moment un toast
" aux films qui ont du cœur et une âme ". Nous ne saurions dire mieux concernant
Soyez sympas, rembobinez.
Marianne Fakinos