Sale temps à Metropolis. Superman - seul homme au monde à être sexy en collant bleu - a disparu… depuis déjà 5 ans. Alors que l’extraterrestre à la mèche rebelle est parti à la recherche de ses origines, Loïs Lane, effondrée, refait sa vie et gagne le Prix Pulitzer en écrivant un brûlot fustigeant l’ex homme de son cœur. Sans compter que Lex Luthor est de retour en ville… Heureusement,
Superman is back…
Après s’être royalement fait remarqué avec son brillant
Usual Suspects (1994),
Bryan Singer avait, en 2000, redonné ses lettres de noblesse au film de supers-héros – depuis longtemps tombés en désuétude cinématographique et vestimentaire – grâce à
X-men puis
X-men 2. Il avait, par la même occasion, ouvert la voie à une armada de films du genre, de l’excellent
Spider-man au tragique
Daredevil. Jeune réalisateur
successful, il ne lui manquait qu’un défi pour être comblé : concrétiser un rêve de gosse en réalisant un grand film sur l’homme au S. Après avoir longtemps turlupiné Hollywood et être passé entre les mains de
Tim Burton ou
J.j. Abrams,
Superman Returns trouve son papa : Singer décroche le pompon.
C’est dire si on attendait beaucoup de ce film : matériau culte, réalisateur en vogue et fan absolu de l’original, et scénario… secret. Qu’allait-on découvrir ? Remake, suite, préquel ? A l’arrivée, rien de tout cela, ou peut-être tout à la fois. Singer a l’intelligence d’offrir un film original, presque autonome, ET un hommage à la saga mythique.
Superman Returns respecte parfaitement les codes ébauchés par
Richard Donner (humour, humanité des personnages), avec une mention spéciale pour le clin d’œil fait à
Marlon Brando. Sans compter que le film est visuellement et techniquement très abouti – pas d’effets pyrotechniques gratuits ou de festival de cascades à la chaîne – gagnant ainsi une certaine fluidité malgré sa durée (2h30).
Face au mastodonte, Singer prend le parti de créer un personnage humain (à l’instar du Batman de
Christopher Nolan ou du Spiderman de
Sam Raimi) et lance un acteur inconnu sous les projecteurs. Malheureusement, la pirouette se transforme en fausse bonne idée : si ce Superman apparaît vierge de tout
a priori, le charisme lui fait cruellement défaut. Pire, avec ses aspects de gendre idéal, il manque sérieusement de mordant face à un Lex Luthor maléfiquement déjanté (
Kevin Spacey génial) et finit par se faire voler la vedette par les personnages secondaires : Loïs Lane, mère courage intrépide, voire même un troisième petit larron…
Soyons équitables : Singer ne se loupe pas, loin de là, mais il ne nous sert pas le chef-d’œuvre qu’on attendait. Et puis, sérieusement, quand est-ce que cette gourde de Loïs se rendra-t-elle enfin compte que Clark sans lunettes, c’est S ???
Eléonore Guerra