Parmi les sorties de l’été ô combien réputées pour leur qualité cinématographique (sic), en voici une qui se démarque du lot. Fille de, Jennifer Lynch ne se cache pas des influences de papa : personnages hébétés, scénario barjot et acteurs recyclés (Bill Pulman et
Julia Ormond) pour une analyse sans compromis de notre société. Après
Boxing Helena, un premier long « amputé » de bonnes critiques, la fille de David use de la même caméra abstraite pour dévoiler une société qui dissimule son côté monstrueux…. l’humour, en plus.
Du thriller horrifique à la parodie, du machiavélisme au potache, la réalisatrice mène le spectateur dans les méandres d’une intrigue bien ficelée. Sous ses airs esthétisants, le film est loin de se prendre au sérieux. Jennifer Lynch pousse le son, le rythme et les rebondissements et semble s’amuser, tout simplement. Elle se joue du temps (dilatation des scènes, excès de flash back) et de nos nerfs. C’est tellement poussif que ça en énervera certains. Mais,
Surveillance n’est pas plus qu’un pur instant jouissif et s’en revendique.
A l’image du twist final, ces 90 minutes de délires sont d’une incorrection morale assumée. Que l’on aime, ou pas,
Surveillance n’est surtout pas à prendre au sérieux. C’est fou et excentrique, c’est abusif et drolatique, c’est… c’est un bon film d’été !
Mathilde Grosjean