« Petit » événement sur la Croisette cette année, la Quinzaine des réalisateurs accueille un jeune réalisateur plein de promesses pour sa cérémonie d’ouverture : un certain
Francis Ford Coppola vient, en effet, présenter sa tragédie familiale
Tetro.
Hum… rendez-vous donc jeudi 14 mai à 19 heures au Palais Stéphanie, histoire de voir ce que ça donne.
Après une longue file d’attente à l’extérieur, deux ou trois discours de bienvenue et de remerciement à tous les sponsors et la remise du Carrosse d’Or à Naomi Kawase (
La Forêt De Mogari) pour son « indépendance et son impertinence », le cinéaste tant attendu par la foule fait son entrée sous un tonnerre d’applaudissements.
Dire que le public est d’ores et déjà conquis serait un doux euphémisme.
Echange de chaleureuses politesses, ovations, et, enfin, on découvre le si mystérieux
Tetro.
Indéniablement – et d’ailleurs clairement – marqué du sceau familial (difficile d’ignorer l’importance de la dynastie Coppola), le film, également signé par le cinéaste, emprunte de drôles de sentiers pour conter cette sombre tragédie (au sens antique du terme). Ne cherchez pas de réminiscences de la saga
Le Parrain.
Noir et blanc sculpté, va-et-vient temporels égrainant les souffrances et déceptions de ces
frères ennemis,
Vincent Gallo envoûtant, lenteurs parfois appuyées et errances assumées,
Tetro semble repousser Hollywood aussi loin qu’il le peut.
Si le résultat de ce grand écart coppolesque est parfois confus, il touche droit au cœur lorsqu’il plonge sincèrement dans les méandres des cruelles rivalités familiales.
Fin du film, standing ovation de la salle. Pour remercier le cinéaste de son film ou de sa venue ? Difficile de trancher, mais impossible de nier que Coppola a su conserver de son audace.
Eléonore Guerra (Cannes, le 15 mai 2009)