Il était une fois dans un petit village de Pologne, Stefek qui, quand il ne joue pas avec des bâtons qu’il appelle Batman, attend sur le quai de la gare avec sa sœur Elka, espérant que son père, parti quand il était encore très petit, descendra un jour d’un de ces trains et reviendra vivre avec eux. Sur la foi d’une photo déchirée, gribouillée et dont il ne reste plus grand chose, il décrète qu’un homme qui transite tous les jours par cette gare EST son père. Et si c’était vrai ?
La surprise du film réside dans sa légèreté. Aucun cliché misérabiliste, attendu il faut l’avouer, ne nous est jeté à la figure. Il ne fait pas gris 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an, on ne boit que du café dans les bars et les gens ne mangent pas de cafards. C’est presque trop beau et trop mignon. On se croirait dans les univers de
Little Miss Sunshine ou
Juno où tout va bien malgré les petits tracas car on peut toujours compter sur sa famille.
Ici, il s’agit pour Stefek, super
stalker en herbe, de recomposer sa famille malgré les remontrances de sa sœur à ce sujet. Stefek s’ingéniera donc à monter un plan machiavélique, mais toujours bon enfant et mignon, pour faire en sorte de pousser le père supposé dans les bras de la mère. Le plan se déroule malgré de légers accrocs qui arrivent à créer un petit suspense bienvenu.
Le problème majeur vient en fait des sous-intrigues stériles qui ralentissent le film plus qu’autre chose. L’intérêt de nous montrer le petit ami dire quatre fois à un autre type qu’il ne lui vendra pas sa voiture ou encore les innombrables passages montrant la ravissante Elka manquer un entretien d’embauche ne font qu’alourdir un film qui n’en avait pas besoin, à part peut être pour atteindre l’heure et demie de rigueur.
Au final, on peut passer sur la naïveté générale du film qui ravira les petits, qui pourront s’identifier à l’ingénieux héros limite flippant dans son efficacité, mais aussi les plus grands dénués de tout cynisme car ils pourraient dans le cas contraire ricaner la plupart du temps… Et exploser lors du final qui, dans sa volonté de faire profil bas, en fait paradoxalement trop dans le registre de la niaiserie contenue. Niaiserie qui pourra aussi être perçue comme de la beauté selon les sensibilités…
Nicolas Laquerrière