David Nicholls, auteur du roman à l’origine du long-métrage – et accessoirement scénariste à ses heures perdues - signe également l’adaptation cinématographique, et c’est grâce à cela que la qualité et l’essence de l’œuvre originale perdurent. Car l’ingéniosité et le talent de
David Nicholls résident dans sa capacité à retranscrire avec adresse et intelligence l'âme de son histoire et de ses personnages. Certes on se séparera de pas mal de séquences présentent dans le livre, mais cela pour le mieux puisqu’au final ce ne sera que pour aller à l‘essentiel.
Du côté de l’interprétation, on a désormais du mal à imaginer qui que ce soit d’autre qu’
Anne Hathaway et
Jim Sturgess pour incarner les rôles principaux. Les acteurs restent fidèles aux personnages du roman (tellement fidèles que la comédienne n’a pas hésité à prendre l’accent écossais - ce qui lui valu pas mal de critiques injustifiées par la suite) qui plongent dans les méandres du passage à l’âge adulte. Impossible de trouver meilleur visage pour la personnification de Dexter que celui de Sturgess, impeccable dans ce rôle d’un jeune homme ambitieux et contrastant avec une Emma complexée et rêveuse.
Par conséquent,
Un Jour est un film dont on ne sort pas tout à fait dans le même état d’esprit que celui avec lequel on s’y est immergé. Honnête illustration d’une époque et de son évolution, mais surtout brillant plaidoyer pour l’amour, aussi simple et familier soit-il, menant à une réflexion sur la perte du temps, unité si précieuse aux yeux de tous, mais que l’on devrait chérir par-dessus tout au risque d' "un jour" perdre ce que l'on n'avait pas su reconnaître comme essentiel. Finalement, si le bonheur ne tenait qu’à une journée ?
Audrey Soto